Festival de Venise 2019 banniere

ARTICLES

BERLIN 2008 - Le moyen orient en grande forme

Équilibres entre homme et femme d'Iran

Alors que Cannes avait primé « Persepolis » (en DVD), le festival de Berlin nous a offert deux films joliment poétiques, présentant chacun la vie en Iran et la grouillante ville de Téhéran.

Primé pour son interprétation, Reza Najie incarne un éleveur d'autruches qui laissant s'échapper l'un des fourbes volatiles, se retrouve sans emploi. Alors qu'il se rend à Téhéran, un homme enfourche sa moto, lui demandant de le déposer ailleurs, contre rémunération. Il devient ainsi taxi en ville et doit faire face aux risques d'accidents comme d'arnaques dans un lieu foisonnant d'activité mais dont le rythme contraste avec le calme de la campagne. Joli portrait d'un homme dont la fierté réside en sa capacité à subvenir aux besoins de sa famille, soulignant au passage le besoin d'entraide entre voisins et proches, « The songs of sparrows » recèle une troublante humanité et un humour réjouissant. Un film d'une poésie incontestable autour de la notion d'espoir en un avenir meilleur que les enfants et leur volonté de repeupler un ancien puits avec des poissons rouges symbolise à merveille.

« 3 Women » incarne aussi l'espoir d'une évolution: celle de la compréhension entre trois générations de femmes, que passé, modernité et tradition séparent. Autour d'une experte d'un musée de Téhéran, prête à tout pour récupérer un tapis de valeur, sa mère, partie on ne sait où avec l'objet en question, et sa fille, parcourant le désert en voiture, le film traite autant de l'identité de la femme que de la difficile évolution de son rôle. Conservation d'un patrimoine collectif pour l'une, mémoire douloureuse d'un passé pour l'autre, le tapis, dote inestimable, deviendra pour la plus jeune, le symbole d'une appartenance à une culture que la vie moderne peut rendre bien lointaine.

Frontière psychologique en Israël

Quand Berlin 2007 nous offrait « The bubble » d'Eytan Fox (en DVD chez MK2 Editions), fable sur trois amis israéliens de Tel Aviv dont l'un découvrait l'impossibilité d'un amour inter-racial, mais donnait une idée de l'envie de fête et de libération en marche, Cannes faisait la part belle à des films plus optimistes. Ainsi « La visite de la fanfare », contait la rencontre entre un orchestre égyptien et une dynamique et excentrique restauratrice d'une petite ville du désert israélien, alors que « Caramel » (en DVD chez Bac Vidéo), offrait une vision réjouissante d'un Beyrouth bigarré, au travers de 5 portraits de femmes.

Avec « Les citronniers », prix du public de la section Panorama 2008, Eran Riklis oppose une palestinienne (Hiam Abbass, bouleversante) de la West Bank à son voisin Ministre de la défense, fraîchement installé, qui veut faire raser son champ de citronniers pour de prétendues questions de sécurité. Les questions de frontières sont donc à nouveau au coeur des préoccupations du réalisateur de « La fiancée syrienne », impliquant au passage handicaps financiers, problèmes patrimoniaux et tensions culturelles. Un beau portrait de femme qui sortira en salles le 16 avril.

Informations

Olivier Bachelard Envoyer un message au rédacteur