THE MEYEROWITZ STORIES

Un film de Noah Baumbach

Un film doux-amer, centré sur une famille dysfonctionnelle

Deux frères et une sœur, adultes, rendent visite à leur père, vieil artiste grincheux, installé avec leur belle mère. Il leur apprend qu’il souhaite vendre la maison, ainsi que toute son œuvre…

Sortie le 13 octobre 2017 sur Netflix

Par chapitres successifs, Noah Baumbach, habitué des comédies dramatiques dont le cynisme transparaît au travers de dialogues souvent percutants ("Greenberg", "Frances Ha"), décrit les personnes qui entourent un artiste autrefois reconnu (Dustin Hoffman), figure paternelle de poids dont ses enfants (deux garçons et une fille) essayent de se démarquer tant bien que mal. Les portraits ainsi livrés, sans être réellement attachants, fournissent un joli aperçu des contradictions d'une génération oscillant entre attachement au patrimoine et rejet de l'héritage, entre besoin de reconnaissance et construction en opposition au modèle dominant.

Adam Sandler est formidable, en fils n'acceptant pas ses propres défaillances (à l'image de cette démarche d'éclopé, pour laquelle il refuse de consulter un médecin). Ben Stiller joue lui les modèles de réussite, n'assumant pas sa fuite loin de la famille. Dustin Hoffman est parfait en artiste frustré de ne plus être reconnu. Quant à Emma Thompson elle semble prendre un malin plaisir à jouer les ex baba cool désinvolte et quelque peu lunaire. Et si le tout ressemble à du sous Woody Allen c'est sûrement parce c'est ce que Baumbach fait le mieux : écrire des histoires sur des individus perdus dans la foule ou face à un groupe, avec une plume efficace.

Bien sûr, les scènes de comédie ne manquent pas (la projection des film d’études de la petite fille sont de grands moment, les malaises successifs de la belle-mère marquant un rythme…), mais le poids d’une famille qui vous phagocyte subsiste tout de même comme un pesant arrière plan. Et il faut bien avouer que l’émotion a bien du mal à pointer son nez, malgré le message sous-jacent sur l’émancipation et l’indépendance.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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