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Festival de Cannes 2022 : "Leila et ses frères", intense portrait d’une fratrie qui ne s’écoute pas

3 juin 2022
Festival de Cannes 2022 impression 21 Leila et ses frères horizontale
© Amirhossein Shojaei, fourni par le Festival de Cannes

Compétition
LEILA ET SES FRÈRES
(Leila's brothers)
de Saeed Roustaee
avec Navid Mohammadzadeh, Taraneh Alidoosti, Saeed Poursamimi, Payman Maadi, Farhad Aslani...

Notre première impression sur le film :

Très attendu du fait de son dernier film, "La loi de Téhéran", dont l’intensité de jeu et de maitrise des interactions entre personnages avait particulièrement marqué, l’iranien Saeed Roustaee présentait en après midi son nouveau long métrage "Leila et ses frères". Un film fleuve, centré sur une famille plongeant dans la misère, dont aucun des quatre fils n’a plus de travail et la seule sœur n’est jamais écoutée malgré son bon sens et sa détermination. Tentant de racheter une petite boutique dans un centre commercial en vogue, elle réussit cependant à les convaincre d’investir le peu qu’ils ont dans l’aventure, avant que leur père ne refuse de leur avancer l'argent qui manque, préférant assurer avec ses pièces d’or un cadeau qui lui permettrait enfin d’accéder au statut de « parrain » de la communauté, lors du mariage du fils d’un homme influent.

Traitant ici à la fois du poids irrationnel de la tradition et du fonctionnement patriarcal de la société iranienne, le film varie en tension, imposant dès le début par des scènes d’émeutes d’usine en cours de fermeture une intensité et une ampleur qu’il peinera cependant à retrouver, hormis peut être lors de la longue scène du mariage. Les 6 interprétés principaux (les 5 frères et sœur, mais aussi le père, frêle mais butté) sont tous formidables, magnifiquement dirigés dans des scènes collectives qui s’avèrent millimétrées en terme d’intervention des uns et des autres. Passé maître dans l’art de mettre en scènes le conflit, Saeed Roustaee dévoile peu à peu les mesquineries des uns, le manque de solidarité, le peu de considération pour la parole de la femme, le poids d’une réputation qui passe avant tout, même sauver ses enfants de la misère. Un sérieux prétendant à un prix de la mise en scène, voire plus.

Voir la montée des marches du film "Leila et ses frères" :

Olivier Bachelard Envoyer un message au rédacteur
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