HEDI, UN VENT DE LIBERTÉ

Un film de Mohamed Ben Attia

Pas encore prêt

Kairouan, peu après le printemps arabe. Hedi est un jeune homme tunisien sur le point de se marier. Alors que son patron refuse de lui donner des congés pour cause de nécessaire prospection, lors d'une de ses tournées de VRP chez Peugeot, il fait la rencontre d'une animatrice de club de vacances à la liberté contagieuse...

Dessinant la rébellion progressive de son personnage principal, présenté comme terne et docile, Mohamed Ben Attia en fait, au travers d'un scénario d'apparence balisée, le symbole d'une Tunisie post révolution arabe, dont la soudaine liberté semble encore effrayante et précaire. De lâche, envieux de son frère (sa mère ne cesse de parler de la réussite de cet ingénieur pourtant parti du pays), paresseux, son portrait évolue avec tact vers celui d'un homme prêt à affronter le monde, ou tout du moins à assumer ses choix.

"Hedi" est un film au discours intéressant, qui insiste intelligemment sur la nécessité de faire de ses rêves des projets. Centré sur la possibilité de parvenir ou non à décider par soi-même, loin des mariages arrangés par les familles, des boulots de convenance obtenus par relations, des tâches que l'on fait par obligation sociale ou morale, il prend la forme d'une parenthèse dans une vie bien réglée. Seul bémol, le caractère terriblement apathique de son héros, dont on suit progressivement l'éveil, interprété par un Majd Mastoura un peu absent, mais pourtant récompensé au Festival de Berlin 2016.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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