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NINE

Un film de
Avec

Fantasques fantasmes

Les premières minutes annoncent la couleur avec une interview de Guido Contini. Un film est un rêve qui perd de son essence à chaque étape de sa création. A partir de cette assertion, somme toute très juste, Rob Mashall nous entraine dans les méandres des souvenirs et rêveries du réalisateur italien. En clair, "Nine" joue la carte du fantasme.

Le fantasme de la vie d’artistes, le fantasme de cette Italie foisonnante de culture et bien évidement les souvenirs glamour et sexy des femmes ayant traversée la vie de Guido. En proie à une crise existentielle doublée d’une panne d’inspiration, Guido se réfugie allègrement dans leurs formes affriolées faites de tenues des plus provocantes, rappelant notamment le french cancan. Chaque séquence imaginaire donne lieu à de grandes chorégraphies où chacune des stars de ce casting étincelant met sa voix à l’épreuve. De ce coté, "Nine" en met plein les yeux, et ce sont les représentations les plus métaphoriques qui sont les plus réussies, à l’image de « Be Italian » de Fergie des Black Eyed Peas, dont la performance scotche littéralement.

Certaines autres prestations prennent aux tripes. Marion Cotillard en épouse de mari volage crève l’écran et délivre une séquence face à Daniel Day-Lewis qui n’a rien à envier à celles que servent les stars américaines du film. Elle parvient à rendre l’intacte intensité d’une femme s’effaçant derrière son mari batifoleur, mais profondément blessée malgré l’amour qu’elle lui porte. Mise à part Penelope Cruz, qui sur-joue quelque peu, la palette d’actrices rayonne (mention spéciale à Judi Dench). On regrettera simplement que le personnage de Sophia Loren soit si peu exploité.

Interprété par un Daniel Day-Lewis, comme à son habitude, habité, le personnage principal, Guido Contini, rappelle bien évidement Fellini dans toute sa grandeur et sa démesure. "Nine" étant l’adaptation d’un musical de Broadway lui-même inspiré du film "Huit et demi", le film de Rob Marshall contient de nombreuses références au célèbre cinéaste italien, comme cette évocation d’"Italia", ersatz du vrai film "Fellini Roma". On assiste à une représentation stéréotypée mais charmante et sublimée de toute la fascination des Américains par rapport à l’Europe et plus particulièrement l’Italie. En d’autres circonstances, ces caricatures seraient insupportables. Mais ici, elles collent tellement au style baroque de Fellini, qu’elles en deviennent délicieuses.

Outre ces clichés sur l’Italie, certains reprocheront sans doute au film son absence de ligne conductrice apparente, mais il suffit de se prendre à la rêverie de Guido pour profiter pleinement de l’envoutant voyage que nous offre ce film.

Anthony REVOIREnvoyer un message au rédacteur

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