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MANDIBULES

Un film de Quentin Dupieux

Le film de Quentin Dupieux qui fait mouche

Jean-Gab et Manu sont deux potes pas très futés. Chargés de récupérer une valise chez Michel Michel, ils volent une voiture afin d’assurer le transport de celle-ci. Mais des bruits étranges proviennent du coffre, et alors qu’ils s’arrêtent pour ouvrir celui-ci, ils se retrouvent face à face avec une mouche géante. Bien décidés à devenir riches, ils décident de la dresser afin de commettre d’autres vols…

Mandibules film movie

Qu’on aime ou non l’univers absurde de Quentin Dupieux ("Rubber", "Le Daim"), chacun reconnaîtra son originalité, avec des concepts permettant à chaque fois de détourner un genre (le western et le film de harcèlement pour "Rubber", dont le héros était un pneu amoureux…) ou d’évoquer les pires penchants de l’humanité (l’égocentrisme et l’individualisme forcené dans "Le Daim"…). Avec un nouveau long métrage très décalé, mais aussi certainement le plus drôle et accessible qu’il ai réalisé jusqu’à présent, il fustige les rêves d’argent et de réussite facile, tout en détournant des films d’action façon "Le Transporteur" comme les morales à deux sous (« la vraie richesse c’est l’amitié »).

Avec ses deux lourdauds prêts à tout pour se faire de l’oseille et confirmer leur monde de vie dans une forme d’oisiveté, quitte à fomenter des plans compliqués ou irréalistes, "Mandibules" dresse le portrait de deux losers aussi attendrissants qu’irritants, interprétés avec conviction par le duo du Palma Show : David Marsais et Grégoire Ludig. A la fois surprenant et déroutant, le scénario joue une nouvelle fois avec les réactions primaires des personnages, comme avec celles du spectateur, alignant les personnages secondaires croustillants, à commencer par d’Adèle Exarchopoulos, hilarante dans son improbable handicap. En effet, entre le doux prénom donné à la bête (Dominique… allez savoir pourquoi), l’appropriation d’une caravane, le soudain besoin d’un chien, ce sont les réactions instinctives à un environnement immédiat qui conditionnent l’action, dans une logique imparablement absurde. Cette belle idée, teintée d'une dose de fantastique, s’avère au final des plus amusantes, pour qui apprécie l’humour noir et les détails saugrenus (le vélo licorne, le questionnaire d’évaluation de la police…).

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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