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EVEREST

Un efficace film d'aventure

En 1996, plus de vingt équipes d'alpinistes se préparent pour atteindre le sommet de l'Everest, la montagne la plus haute du monde. Passant de camp de base en camp de base, ils disposent seulement d'une ouverture météo de deux semaines pour entamer l'ultime ascension. Mais les tensions entre les groupes se font rapidement sentir...

Après avoir fait l'ouverture des Festivals de Venise et de Deauville, "Everest", film d'aventure en milieu montagneux, débarque à grand renfort de promotion sur nos écrans français. S'ouvrant sur un rapide récapitulatif des premiers exploits ayant eu lieu sur l'Everest (ce n'est qu'en 1953 qu'une première expédition d'alpinistes a atteint le sommet...), le film pose d'emblée la problématique qui sous-tend un possible drame à venir : en 1996, il y a « embouteillage » sur l'Everest, différents opérateurs proposant des expéditions sur mesure, et des personnes peu expérimentées tentant l'aventure, tout cela au mépris de certaines dimensions essentielles à la sécurité des personnes.

Le scénario se base ainsi sur un fait divers datant de 1996, ayant entraîné plusieurs morts, en suivant principalement deux expéditions parallèles, et leurs interactions avec d'autres. Les premières scènes du film imposent d'emblée un rythme soutenu, et introduisent les principaux protagonistes, le guide néo-zélandais chevronné Ray Hall dont la femme est sur le point d'accoucher, un jeune concurrent barbu limite hippie, un riche homme d'affaires texan un peu inconscient, un journaliste expérimenté, un homme dont c'est le dernier essai après plusieurs tentatives... Les enjeux propres à chacun sont expliqués sommairement, mais permettent à la fois de démultiplier le potentiel dramaturgique et surtout de générer progressivement l'empathie.

La partie « entraînement » enchaîne la montée dans les différents camps de base (les altitudes sont minutieusement indiquées, à la manière d'un compte à rebours vers un certain danger...), et si elle s'avère la moins passionnante de l'ensemble du film, elle permet justement d'exposer les différents obstacles que doivent franchir les expéditions et les risques qu'encourent les aventuriers. Obtention du permis de grimper, disposition des bonbonnes à oxygène, risques d’œdème pulmonaire, sensation subite de chaud, crevasses, au travers des allers-retours pas si clairs des différentes équipes, tout cela contribue à faire monter la tension. Avant que ne s’entame la partie ascension, véritable cœur du film, véritablement efficace.

Grâce à une utilisation judicieuse de la 3D, "Everest" parvient à la fois à donner une idée de l'immensité des espaces qui attendent des hommes et femmes intrépides (les profondeurs de champs sur certains paysages sont assez marquantes), et à magnifier des moments de grimpe ou redescente en tentant quelques sympathiques moments d'immersion (le passage des crevasses à l'aide d'échelles, la tentative de traversée du pont suspendu, le bloc de neige qui frappe un homme à la tête...). Un suspense indéniable s'installe donc peu à peu, et l'on reprochera au film seulement un usage un peu malheureux de la musique dans les premières parties, avec une saturation au niveau percussions qui, sous prétexte de dynamiser l'action, la rend malheureusement peu lisible, et atténue la transition avec la partie « tempête », où vent et bruit dominent.

Disposant d'un casting impressionnant, mais presque écrasant par rapport à l’espace finalement offert au développement de chaque rôle, "Everest" réussit à nous faire trembler et pleurer, avant de donner à voir dans son générique de fin, les véritables protagonistes de ces aventures. Il constitue une œuvre certes sans grande surprise au niveau scénario, mais disposant de morceaux de bravoure joliment mis en valeur, et sachant rester sobre au niveau des effets lacrymaux. Un vrai voyage, au milieu des neiges et des glaces, qui mérite le détour.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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