Banniere-Berlinale-2019

DEADPOOL 2

Un film de David Leitch

Deadpool revient, ni plus ni moins

Deadpool combat les mafias du monde entier quand, un soir, sa femme meurt sous le coup d’une balle, alors qu’elle venait de lui annoncer qu’elle voulait un bébé de lui… Il planifie alors sa vengeance, avant de s’envoyer en l’air pour rejoindre sa belle…

Le costume de cuir rouge et noir toujours près du corps, les sabres aussi affûtés que les vannes et le regard ironique parfois face caméra, Deadpool, le plus cool des héros Marvel est de retour dans une deuxième aventure qu’il baptise lui-même de familiale dès le début du film. Il commence d’ailleurs par se faire exploser et meurt rapidement comme dans bon nombre de films familiaux, tels "Bambi" ou "Le Roi Lion" (c’est lui qui le précise !). Et il aura plutôt raison le bougre. "Deadpool 2" est presque un film familial, avec son histoire de gosse énervé qui veut raser le centre d’où il vient, les dirigeants avec, pour se venger des mauvais traitements qu’il a subi toutes ces années. Deadpool se prend alors d’affection pour le morveux et se met en tête de le remettre sur le droit chemin, compliquant les choses au passage. Mais Deadpool en baby-sitter, comment y croire ? L’histoire à l’eau de rose de sa femme qui lui demande d’écouter son cœur, comment lui donner du crédit ?

Deadpool s’assagirait-il ? Il semblerait que cette suite se penche davantage sur son côté rouge (et fleur bleue) que noir. Un peu trop lourdement pour les pourfendeurs du bon goût. L’histoire reste en effet globalement gentillette. Heureusement, l’irrévérencieux Deadpool se laisse encore aller à sa véritable nature. Les punchlines fusent (parfois plus que de raison) et on a droit à deux scènes vouées à être cultissimes. La première marque les grands débuts (et surtout la fin) de la team Deadpool, baptisée X-Force, avec également un caméo inattendu ! La seconde renvoie une fois encore à un film familial puisque Deadpool, amputé de ses jambes, va passer un moment à les voir doucement repousser et sera doté de petites jambes de bébé durant une scène hilarante, avec une référence à "Basic Instinct". Les meilleurs moments sont ensuite à capter durant le générique de fin. Deadpool, qui parvient à remonter dans le temps, fait joyeusement le ménage dans la carrière de Ryan Reynolds !

Mais "Deadpool 2" sabre son scénario. Côté personnages et script, il faut se farcir les très fades X-Men du pauvre et le revival d’un ersatz de Terminator soit le mec qui retourne dans le passé pour changer l’avenir – avec toutes les incohérences sous-jacentes que l’on ne détaillera pas ici. Du côté des réussites, saluons l’excellente Domino, qui tire parfaitement son épingle du jeu, bien qu’elle soit sous-exploitée. Mais son super-pouvoir (le cul bordé de nouilles) l’amène dans deux scènes amusantes (le convoi et le centre des enfants) parfaitement mises en scène par ailleurs. Car derrière la caméra se trouve le réalisateur de "John Wick" et "Atomic Blonde", le pro des films de baston qui arrive – certes en mode mineur – à chorégraphier ses scènes d’action dans un rythme soutenu, nous permettant de sortir de notre torpeur entre deux bavardages. Comme dans cette dernière scène d’agonie qui n’en finit plus, prélude à un tableau marvelien (mielleux) d’une bande de héros (pas tous super) marchant côte à côte et formant une vraie… famille. Un film d’action familial, avait-il prévenu… Il avait malheureusement raison.

Mathieu PayanEnvoyer un message au rédacteur

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