Banniere_Face_a_Face_2022

INTERVIEW

LA PETITE BANDE

Philippe Martin

Producteur

Pierre Salvadori, le réalisateur de « La Petite Bande », n’ayant pas pu venir pour des raisons de santé, c’est Philippe Martin, le producteur du film, qui a répondu à nos questions, au sein du cinéma le Comoedia à Lyon.

Entretien Interview Rencontre Philippe Martin producteur du film La Petite Bande
© Gaumont Distribution

Inspiré de "Stand by Me" et tourné en Corse, sa terre natale

Philippe Martin nous dit assez vite que Pierre Salvadori s’est inspiré du film "Stand by Me" pour la réalisation de "La Petite Bande". Un film qui l’a beaucoup marqué dans sa jeunesse, « il en parle toujours ». En même temps, voir des jeunes comme Greta Thunberg militer pour des causes écologistes et autres, « tout cela s’est un peu agrégé et Pierre a pensé que c’était le moment de faire son film jeune public ». La dimension politique du sujet était aussi importante, à savoir montrer « comment on s’engage, comment on décide à plusieurs, jusqu’où on va etc. »

Pierre Salvadori « avait envie depuis longtemps de tourner en Corse et donc le lieu de tournage s’est très vite imposé même si d’autres possibilités ont été évoquées ». Cependant, il ne souhaitait pas que le spectateur sache forcément où se déroulait l’action et « il n’est quasiment pas fait mention de la Corse dans le film ».

Un tournage sous la contrainte du covid

Philippe Martin fait part d’« un tournage compliqué » dû à la pandémie de covid durant l’été 2020, avec beaucoup de contraintes, des tests quotidiens obligatoires, etc. Le tournage a d’ailleurs été arrêté trois fois à cause du covid. Philippe Martin avoue n’avoir jamais fait de tournage aussi compliqué du fait du risque de maladie grave et prolongée qui aurait pu tout faire annuler.

De jeunes acteurs débutants et un changement de registre pour Salvadori

Paul Belhoste (9 ans pendant le tournage) avait déjà fait un peu de théâtre mais les autres jamais, ni de cinéma, « une première fois pour tous ». Paul Belhoste réalise lui-même des films aujourd’hui et pendant le tournage de "La Petite Bande", « il suggérait des idées de plans au réalisateur ». Tous les enfants et adolescents se sont très bien entendus, alors qu’ils ne se connaissaient pas auparavant, « il régnait un très bon état d’esprit sur le tournage »

Côté adultes, Philippe Martin tient à souligner le talent de Laurent Capelluto : « c’est un acteur génial, il a un potentiel à la De Funès ».

Pierre Salvadori n’avait jamais réalisé de film jeune public mais lui comme Philippe Martin (déjà producteur des "Malheurs de Sophie" de Christophe Honoré) avaient cette envie d’en faire même si « c’est très dur à réussir ». « Dès que Pierre m’a parlé du projet, j’ai trouvé qu’il y avait les éléments pour réussir, comme l’idée de parler de l’engagement, de l’écologie, du militantisme et donc cela m’a semblé assez évident, j’étais très motivé, je n’ai pas eu de doute ».

Une direction d’acteurs précise

Sur le tournage « Pierre jouait systématiquement les scènes avant les enfants et il a ainsi obtenu des nuances et de la justesse dans leur jeu ». Il arrivait à les convaincre de ce qu’il voulait et cela a fonctionné. « Il tient à ce que les acteurs arrivent avec leur texte en bouche, il n’y a quasiment pas d’improvisation ».

Un montage beaucoup plus long que le tournage

Si le tournage a été long (14 semaines entrecoupées de 3 semaines de vacances scolaires), le montage l’a été encore plus puisqu’il a duré un an et demi, contre environ un an habituellement. Beaucoup de postproduction, de synchronisation et également énormément de numérique : « aujourd’hui, comment faire sans le numérique ? Cela permet de tout faire, c’est devenu incontournable », estime Philippe Martin.

Une sortie en plein été délibérée

Une sortie le 20 juillet peut paraître risquée mais c’est le choix qu’a fait la production car, contrairement à une idée reçue, la fréquentation des cinémas est assez forte en été, même si une sortie au moment de Noël est certainement plus propice à enregistrer un nombre important d’entrées. Mais Philippe Martin avoue que « depuis le covid, tout a changé, on ne peut plus rien prévoir ».

Sophie Blanchet Envoyer un message au rédacteur

À LIRE ÉGALEMENT