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INTERVIEW

CONFIANCE REGNE (LA)

« Plus je vois le film, plus je l’aime », déclare d’emblée Cécile de France. Plus précisément, elle dit adorer les dialogues et être « scotchée » par le jeu de Vincent Lindon et la « justesse incroyable » d’Anne Brochet. Quand elle parle de son personnage, on voit dans ses yeux un…

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« Plus je vois le film, plus je l’aime », déclare d’emblée Cécile de France. Plus précisément, elle dit adorer les dialogues et être « scotchée » par le jeu de Vincent Lindon et la « justesse incroyable » d’Anne Brochet. Quand elle parle de son personnage, on voit dans ses yeux une sorte de lueur qui confirme son attachement pour Chrystèle : « il y a beaucoup de tendresse dans les personnages, et j’admire Chrystèle, sa grande force et la manière dont elle s’est dépêtrée des conditions qu’elle a connues. »

Mais surtout elle avoue avoir bien connu ce genre de personnage, dans les cités industrielles belges de sa jeunesse : « je m’amusais déjà à interpréter ce genre de rôle quand j’étais enfant. Mais pour le film, j’ai eu peur au départ de ne pas tenir la route, d’être caricaturale ». Mais il s’agit là d’une comédie, affirme-t-elle en signalant que dans « Striptease » (NDLR : la série documentaire), « certaines familles sont encore pires et si on les mettait dans un film on ne le croirait pas ! »

Elle dit considérer ce rôle comme « le plus grand défi de (sa) carrière, même si chaque rôle est un défi » et se félicite de ne pas être cataloguée (pour l’instant, en tout cas !) dans un certain type de rôle : « Mon métier, c’est d’interpréter ». En guise de conclusion personnelle, elle avoue que « mourir dans un film, tous les acteurs le diront, c’est un vrai trip ! Mais on ne sait pas vraiment pourquoi ! »

Lorsque Chatiliez prend la parole à son tour, il se voit tout d’abord contraint d’avouer que la phrase de l’affiche (NDLR : « vu d’où ils viennent, ils auraient pu être dix fois pires ») n’a sans doute pas été comprise comme il le souhaitait, c’est-à-dire qu’ « ils ne sont pas très recommandables, ils font des saloperies mais seulement des petites choses ».

Pourtant il déclare « faire confiance dans le récepteur. Je ne crois pas à ceux qui disent : "ils ne vont pas comprendre – moi j’ai compris mais peut-être pas eux" ! » Le réalisateur clame ensuite vouloir parler des réalités qui l’entourent et du pays dans lequel il vit : « on dit toujours que mes personnages n’existent pas, et pourtant si ! »

Il réfute ensuite l’idée selon laquelle il fait preuve d’un sadisme envers ses personnages : « ce n’est pas systématique chez moi, seulement dans "Tanguy" et "Tatie Danielle". Pour ce film, j’ai volontairement voulu un humour moins grinçant. Je voulais qu’on aime mes personnages comme je les aime aussi. Et rigoler d’eux doit poser la question : ne sont-ils pas aussi humains que je le suis ? »

Pour le choix de ses interprètes, il affirme ne pas avoir eu de volonté de contre-emploi et rend hommage à ses acteurs et à leurs rôles : « les comédiens sont en adéquation avec leurs rôles. Je trouve que la musique des mots est très importante et ça dépend des violons qui les jouent ! Dans ce film, j’ai aussi voulu soigner les seconds rôles dans la tradition du cinéma français d’après-guerre ».

En guise de conclusion, il nous confie ses vagues projets : une comédie musicale (« j’aime la musique et la danse mais je ne sais pas en faire donc j’ai envie que d’autres en fassent pour moi ! », avoue-t-il avant d’annoncer qu’il aimerait bien travailler avec les chorégraphes Blanca Li – déjà au générique de « La Confiance règne » - et Molly Molloy) et un film sur l’exil et le déracinement. On attend ça, Etienne !

Raphaël Jullien Envoyer un message au rédacteur

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