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INTERVIEW

À BOUT PORTANT

Fred Cavayé

Réalisateur

Journaliste :
Après “Pour elle”, vous avez voulu faire un film d’action…

Fred Cavayé :
Dans “Pour elle”, il y avait déjà un peu d’action, surtout pendant la dernière demi-heure. Les spectateurs me disaient : je reste cramponné à mon siège, le bras de mon mari est…

© Gaumont Distribution

Journaliste :
Après “Pour elle”, vous avez voulu faire un film d'action...

Fred Cavayé :
Dans “Pour elle”, il y avait déjà un peu d'action, surtout pendant la dernière demi-heure. Les spectateurs me disaient : je reste cramponné à mon siège, le bras de mon mari est tout bleu, je n'ai plus d'ongles... Je trouve ça magnifique de pouvoir procurer cela à travers un film, un truc physique, comme le “Space mountain” ou un tour de Grand 8. Pour “A bout portant”, je suis content du résultat car les réactions sont les mêmes, on me dit : ce sont les personnages qui courent mais c'est moi qui suis essouflé. Le film n'a d'autre prétention que celle de procurer un vrai plaisir de spectateur, avoir peur, être ému, s'angoisser...

Journaliste :
Les comédiens ont pour la plupart des rôles très physiques. Ont-ils eu un entraînement particulier avant le tournage ?

Fred Cavayé :
Les acteurs avaient en effet tout intérêt à se préparer. En plus, dans le parti-pris de mise en scène, j'avais besoin de les filmer de très près, ils ne pouvaient donc pas se faire doubler et faisaient tout eux-même. Le simple fait de courir comme des dératés dans le métro l'hiver et de nuit était très éprouvant. On peut dire que, physiquement, le tournage était très difficile.

Journaliste :
Vous restez dans la même thématique que “Pour elle”, où le couple pour qui tout va bien tombe dans une situation périlleuse...

Fred Cavayé :
“A bout portant” est né des envies qui sont apparues lors du tournage de “Pour elle”. Faire l'histoire d'un homme ordinaire à qui il arrive quelque chose d'extraordinaire, je trouve cela très cinématographique. Mais surtout, c'est l'ingrédient indispensable pour que le spectateur puisse s'identifier au personnage. J'adore James Bond, mais j'ai déjà un ego surdimensionné, donc je ne vais pas me prendre pour James Bond...

Journaliste :
Le personnage de Roschdy Zem s'appelle Sartet, qui est le nom d'Alain Delon dans Le clan des Siciliens. Clin d'oeil ou coincidence ?

Fred Cavayé :
Clin d'oeil, bien sûr. Au depart, j'avais utilisé ce nom dans le scénario en attendant d'en trouver un autre. Je me disais qu'on me reprocherait d'utiliser ce nom qui sonnerait peut-être comme trop caricatural. Et puis je me suis dis : « Et merde ! Ce sont les films que j'aime, j'assume !» Donc j'ai écrit une lettre à Alain Delon pour lui demander l'autorisation d'utiliser son nom du clan des Siciliens. Il m'a gentiment répondu qu'il acceptait, qu'il avait beaucoup aimé “Pour elle”... Donc le Samouraï qui m'appelle pour me dire pas de problème, ça m'a fait ma journée...

Journaliste :
Avant de tourner un film d'action français, a-t-on une pression vis-à-vis du cinéma américain, qui est peut-être le plus efficace en la matière?

Fred Cavayé :
La seule pression était que le film ne soit pas une course poursuite gratuite. Je voulais que les personnages aient des motivations réelles et que ce ne soit pas juste un prétexte à effets pyrotechniques, cavalcades et coups de feu. C'est ce qui nous différencie, nous Français, du cinéma américain. On a cette culture qui est plutôt centrée sur les personnages.

Rémi Geoffroy Envoyer un message au rédacteur

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