Parce qu'on en a jamais assez !

VIRGIL

A la vingtième minute, tu te couches …

Si Virgil monte sur le ring, ce n’est que pour le plaisir de son père et entraîneur. Mais lorsque celui-ci est mis en prison pour homicide volontaire, le jeune boxeur part à la dérive et il finit par perdre sa licence. Mais, pour ne pas terrasser son père tombé gravement malade, Virgil lui raconte au parloir ses exploits remportés lors de matchs totalement imaginaires. Seul problème, le patriarche sortira sous peu de prison et se rendrait ainsi compte de la supercherie. Le temps est donc venu pour Virgil d’enfiler à nouveau ses gants…

Musique rythmée, ambiance chauffée à bloc, réalisation plutôt dynamique et voix off au franc-parler, l’ouverture du film parvient véritablement à captiver le spectateur. En un temps record sont introduits les principaux personnages ainsi que la cause de toutes leurs mésaventures, et ce à grands renforts de flashbacks et autres effets stylistiques qui ne sont pas sans rappeler une mise en scène édulcorée et efficace façon Guy Ritchie ( Snatch), voire même Casino de Martin Scorcese sous certains points de vue.

Tout ceci n’est d’ailleurs pas un hasard, car tous ces effets ne sont qu’autant d’hommages faits aux films qui ont bercé l’univers du réalisateur. Et il n’est pas difficile de repérer qu’il s’agit d’un premier long métrage tant les références y sont revendiquées clairement. Et ces dernières étant assez rares au sein du paysage cinématographique français, on ne peut que se réjouir d’un tel vent de fraîcheur.

Mais la fraîcheur s’évapore sitôt que le récit s’instaure concrètement, et déjà à la vingtième minute, l’accent parisien forcé du narrateur et la bande son jazzy-funky-soul nous irrite les oreilles. Certes, l’histoire ne suit à aucun moment les règles du film de boxe, et on échappe fort heureusement à une énième pâle copie de Raging Bull. Mais finalement, on ne sait pas pour autant où va le film et ce qu’il veut raconter.

En effet, à la fin du film nous ne sommes pas plus avancés sur les motivations qui poussent le personnage principal à se battre. Entre réalisation du rêve du père, achèvement personnel et protection des autres, le scénario navigue à travers les thèmes sans jamais donner finalité à l’un d’entre eux. Sans ligne directrice, on finit par se lasser de ce scénario un peu léger.

Et que dire de l’histoire d’amour dont l’approche psychologique douteuse laisse penser qu’elle fut traitée à la va-vite ? Ne parvenant jamais véritablement à s’intégrer, on ressent la vague impression qu’elle n’a lieu d’être que pour tenter de densifier l’histoire. Mais en faisant bande à part, elle supplante parfois le récit de départ et force est alors de se demander si ce n’est pas pour satisfaire un certain public (exigences du producteur ?).

Quoiqu’il en soit, le film bénéficie d’une maîtrise certaine (exception faîte du son qui est parfois exécrable.) La réalisation est quant à elle plutôt réussie pour un premier film, même si elle se cache parfois derrière des méthodes quelque peu éculées. Mais le principal atout du film se trouve en Jalil Lespert, très inspiré, qui surprend vraiment dans ce rôle où on ne l’attendait plus. Et cela suffit finalement à faire passer la pilule…

Anthony REVOIREnvoyer un message au rédacteur

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