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VERY BAD TRIP 2

Un film de Todd Phillips

Very bad suite

Phil et Doug convainquent Stu d’inviter Alan à son mariage, mais le futur époux refuse de faire un enterrement de vie de garçon de peur de reproduire les mêmes erreurs qu’au mariage de Doug. Tous prennent l’avion direction la Thaïlande, où la cérémonie aura lieu. 48 h avant les célébrations, la bande de potes et le jeune frère de la future mariée trinquent sur la plage. La suite de la nuit restera un mystère : Phil, Stu et Alan se réveilleront au petit matin dans un hôtel miteux de Bangkok, où du petit frère ne reste que l’index coupé reconnaissable grâce à la bague qu’il portait…

On prend les mêmes et on recommence ! Après le carton au cinéma du premier opus « Very bad trip » (« Hangover » en VO), les dents aiguisées de véreux producteurs se sont dangereusement allongées pour faire du pognon facile avec cette nouvelle licence : soit un gars qui se marie dans un lieu sympa, des potes qui lui font avaler des drogues et un réveil difficile le lendemain matin, sans qu’aucun d’entre eux ne puisse se souvenir de ce qui a bien pu se passer durant la nuit. Le but du jeu étant de remonter aux indices laissés sur place pour retrouver un ami perdu !

« Very bad trip 2 » n’ira pas plus loin. C’est tellement plus simple de passer le scénario à la photocopieuse et de changer par-ci, par-là quelques détails pour qu’on ne traite pas les producteurs de voleurs ! Remplaçons Las Vegas par Bangkok, le bébé par un singe, une dent cassée par un tatouage et Mike Tyson par… Mike Tyson ! C’est donc une suite qui colle stricto sensu à son modèle : « Very bad trip 1 », qui restera comme une excellente comédie de potes joyeusement foutraque, drôle et sensible avec un pitch qui avait l’énorme avantage d’éveiller la curiosité de n’importe quel « comédiphile ».

Avec ce numéro deux, on se consolera de quelques gags vraiment drôles, de personnages secondaires bien sentis. Mais comment ne pas tomber dans le potache et le contresens quand vous embauchez le scénariste et producteur de « Super héros movie » et de « Scary Movie » 3 et 4 ?! En plus d’un copier/coller du scénario original, on nous sert une soupe facile, matinée d’un peu plus d’action et d’un peu plus de décors grandioses, tout ça pour en mettre plein les mirettes et faire croire que pour faire mieux, il suffit d’avoir plus de budget. Las ! Le film perd en spontanéité et ne rend globalement pas hommage au trio qui a perdu de sa fraîcheur, de son liant et de sa sincérité.

On peut déjà imaginer le scénario de « Very bad trip 3 » : c’est le mariage de Phil dans quelques jours à Paris, la ville la plus romantique du monde. Stu et Alan se mettent d’accord pour lui faire passer un enterrement de vie de garçon dont il se souviendra toute sa vie. Ils se réveillent le lendemain matin dans un hôtel parisien avec un pingouin sous la douche et la future belle-mère qui a disparu. La nuit a apparemment était cauchemardesque : Stu s’est fait implanté des prothèses mammaires, Alan a une valise pleine de billets de banque attachée avec une menotte à son poignet et, bien entendu, il n’a pas idée d’où se trouvent les clés ! Nos trois poissons rouges passeront par La rue Saint-Denis (y déposer la valise), le quai des Orfèvres (y déposer les menottes), le zoo de Vincennes (y déposer le pingouin) et la Tour Eiffel (juste parce que c’est chic de passer devant), avant de retourner à leur chambre d’hôtel retrouver la belle-mère de Phil, qu’ils avaient rangée dans le placard à balai pour passer une soirée tranquille. Tout le monde se réconcilie, Phil se marie, Stu épouse un transsexuel du bois de Boulogne et Alan retourne vivre chez ses parents. Bien entendu, la fine équipe se passe les photos de leur périple pendant le générique de fin du film !

Un conseil, oubliez cette (ces) suite(s), elle(s) risque(nt) à vous aussi de vous donner bien mal au crâne…

Mathieu PayanEnvoyer un message au rédacteur

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