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UNE SAISON ARDENTE

Un film de Paul Dano

Encéphalogramme désespérément plat

Alors qu'ils viennent de s'installer dans une petite ville du Montan, le père de de la famille Brinson se fait renvoyer de son poste au golf du coin. Persuadé qu'il vaut mieux que cela, celui-ci refuse d'y retourner lorsque ses employeurs le rappellent. Il préfère s'engager comme pompier volontaire pour combattre les énormes incendies de forêt qui ravagent les montagnes avoisinantes. Ceci au grand désespoir de sa femme, qui ne trouve pas d'emploi, et à la surprise de son ado de fils, qui assiste à la lente déliquescence du couple que forment ses parents...

Avec les premières scènes, montrant une complicité sans faille des deux époux, se soutenant l'un l'autre, on aurait pu croire que c'était à ce regard posé initialement sur le couple par leur fils adolescent, que Paul Dano allait s'intéresser. Au lieu de cela, l'acteur ("Little Miss Sunshine", "There will be blood", "Okja") dont c'est le premier film de réalisateur, semble ne jamais se positionner au niveau du jeune homme, dont il nous inflige seulement le regard hébété, traduisant la conscience de son impuissance. Pire, le scénario signé Zoé Kazan (pourtant auteur de "Elle s’appelle Ruby") ne sait jamais sur quel personnage se concentrer, entre la mère, le père (cependant longtemps absent) ou le fils.

Cette adaptation du roman de Richard Ford "Une saison ardente" apparaît donc bien fade, étouffant les enjeux dramatiques autour du comportement des deux adultes. Quant au fond d'embrasement généralisé il est aussi absent côté libération de la femme que côté incendies de forêt. Restent deux interprètes (Carey Mulligan et Jake Gyllenhaal) investis mais quelque peu en roue libre, comme se donnant la réplique dans le vide, quelques beaux plans d'ensemble montrant l'Amérique profonde aux pieds de montagnes imposantes, avec un train qui passe, inexorablement, tels les hommes qui tracent leur chemin, et une belle scène de fin, témoignage d'un amour filial qu'on aurait aimé mieux mis en valeur.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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