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THE TREE OF LIFE

Un film de Terrence Malick

CONTRE : Niveau +1 – La messe est dite

Lors de l’anniversaire de la mort de son frère survenue pendant sa jeunesse, Jack se remémore son enfance, avec ses parents et ses deux frères. A travers sa vie se mêle l’Histoire de l’humanité, de la Terre et de l’Univers...

Le nouveau film de Terrence Malick était attendu comme le messie à Cannes. Pas terminé à temps il y a un an, le film était devenu un événement annoncé, sa bande annonce, superbe, laissant augurer d'un grand drame familial. Le site internet du film était également alléchant, proposant un choix entre la voie du père et celle de la mère, entre la voie de la nature et celle de la grâce. Si on pouvait se réjouir que cette bande annonce justement ne dévoile rien de l'histoire (chose rare pour les productions américaines), force est de constater qu'une fois le film visionné, l'on s'aperçoit qu'elle dévoile en réalité absolument tout, puisqu'il n'y a pas plus de consistance dans le film que dans celle-ci.

Alors, bien sûr, Terrence Malick sait comme personne manier la caméra, effleurer les branches d'un arbre, les brins d'une pelouse, utiliser la contre plongée, le travelling avant... et il nous concocte un cocktail visuel époustouflant, d'une beauté certainement inégalable, qu'il s'agisse de filmer ses protagonistes dans l'Eden militarisé ou dans la grande ville fourmilière où vit l'aîné, qui se remémore l'annonce de la mort de son cadet, tout comme leur enfance, ou qu'il s'agisse de reconstituer l'état pré-natal ou la Genèse, en images de synthèse. Mais à force d'étalage de style, le réalisateur s'égare dans un maniérisme qui en agacera plus d'un.

Comme Jacquot Van Dormael avec son « Mr Nobody », il ne réussit pas à embrasser son sujet, tellement ample. Parler de l'humanité, de ce qui forme la personnalité, et de la relation indéfectible entre parents et enfants, n'est pas chose aisée. De qui tenir le plus, sa mère ou son père ? Un choix est-il possible en ce domaine ? Au delà du plaisir visuel que procure le film, l'on doit malheureusement convenir que l'histoire se limite à quelques lignes, et surtout qu'aucun des personnages n'est réellement développé, pas même celui de Sean Penn, fils devenu rebelle. Son traumatisme, dû à ses rapports avec son père et à une éducation austère, reste de l'ordre du peu palpable, tant on a vu des personnages bien plu autoritaires et perturbants que celui de Brad Pitt.

En absence de réel récit et de personnages, Malick, tout comme Aronofski en son temps avec « The Fountain », rate complètement son coup, rendant l'apathie et l'identification impossibles. Mais ce qui restera le plus troublant à la vision de « Tree of life », c'est la disparition rapide de tout équilibre entre fascination pour la nature et mysticisme religieux. A tel point que l'on termine sur l'Agnus Dei, avec une phrase adressée directement à Dieu. Reste l'interrogation qui vient alors à l'esprit : quelle congrégation religieuse a bien pu financer cet ambitieux projet ?

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

BANDE ANNONCE

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