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TEDDY

Un minimum d’effet pour une intrigue réussie

Teddy, jeune homme de 19 ans sans éducation, vit chez son oncle dans un petit village des Pyrénées. Les jours passent, entre son travail dans le salon de massage « Les doigts de Ghislaine » et la compagnie de sa petite amie Rebecca, bientôt bachelière. Jusqu’au jour où Teddy se fait mordre, dans les bois, par une bête…

Teddy film movie

Les frères Boukherma, auteurs de l’étrange "Willy 1er", portrait décalé d’un homme de 50 ans découvrant enfin le monde, s’attaquent cette fois-ci au film de genre avec une histoire de loup-garou. Probable séance de minuit du Festival de Cannes 2020 s’il avait eu lieu, "Teddy" affiche donc personnages atypiques, humour décalé et détournements de situations symbolisant le manque de perspective de toute une génération. La seconde scène, lors d’une cérémonie commémorative du 8 mai, introduit le personnage central (joué par Anthony Bajon, découvert dans "La prière", parfait ici en jeune adulte mal dégrossi) comme un garçon rebelle et un peu écervelé qui n’hésite pas à semer le trouble (il se moque ouvertement du chanteur, et affirme qu’il y a une faute d’orthographe dans le nom de son grand père...).

Puis le récit se transforme en histoire de rivalité amoureuse, son fond de menace d’une bête mystérieuse, dont aucun des deux prétendants ne prête à rêver. D’un côté le rival lycéen affiche ses poèmes pourris, de l’autre Teddy rêve de choses simples : une maison avec pergola (même s’il ne sait pas ce que c’est) et un prêt sur 30 ans. De quoi faire fantasmer la fille ! Suggérant plus les scènes horrifiques classiques (transformation, massacre, exorcisme...) qu’ils ne les montrent, les frères Boukherma ménagent leurs effets, se concentrant sur les détails les plus croustillant (des poils sur la langue, un arrachage d’ongle...) et préférant détourner avec ironie des figures de la vie en milieu rural (ennui de la jeunesse, consommation de stupéfiants - les champignons Zamnesia-, soirée entre mecs, bingo de fin d’année...). Aucune hésitation donc, "Teddy" vaut le détour, pour son caractère irrévérencieux, la prestation croustillante de Noémie Lvovsky en patronne douteuse, et pour sa vision décalée d’une jeunesse se heurtant à la réalité.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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