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LE STRATÈGE

Un film de Bennett Miller

Ceci n’est PAS un film de baseball

L’histoire (vraie) de l’équipe de baseball d’Oakland et de son manager qui réalise, suite à la perte de ses trois joueurs piliers, qu’il ne peut s’offrir les bons joueurs faute de moyens suffisants. Sur les conseils d’un jeune diplômé en économie, il va changer de stratégie et utiliser certaines statistiques pour recruter des joueurs, mauvais sur le papier, mais capables de donner leur meilleur sur un terrain...

Il est important de préciser que « ceci n'est pas un film de baseball », afin que vous ne ratiez pas ce film absolument brillant, qui cartonne en Amérique du Nord (on parle déjà de sélection aux Oscars pour Brad Pitt). Le film est basé sur le livre « Moneyball: The Art of Winning an Unfair Game » de Michael M. Lewis, publié en 2003, qui a révolutionné les techniques de recrutement des plus grandes équipes américaines (New York, Boston…). La première équipe à y avoir cru, est celle d’Oakland Athletics et son manager Billy Beane (interprété par Pitt).

Au départ, Beane, pourtant lui-même ancien joueur de base-ball, mais qui n’a pas fait la carrière qui lui était promise, ne supporte pas le stress des matchs et est du genre à faire des 8 en voiture ou à soulever des haltères pendant un match, allumant et éteignant sa radio, au rythme des points gagnants et perdants. Cela a le mérite de le rendre humain. Quand ses trois meilleurs joueurs rejoignent de plus grosses équipes, il se retrouve au pied du mur. Sans suffisamment d’argent, Oakland ne gagnera pas la ligue, encore une fois. Sa route croise alors celle du jeune Peter Brand qui, s’il ne connaît pas grand chose au base-ball, est un vrai petit génie des statistiques. Beane y croit dur comme fer. La paire, seule contre le staff, entraîneur compris (Philip Seymour Hoffman), va donc partir à la chasse aux talents improbables, et réinventer une équipe gagnante.

« Le Stratège » va bien au-delà du terrain de base-ball. Le film aborde l’injustice causée par l’argent dans le milieu du sport bien sûr, et la fierté de pouvoir contourner le système. Mais c’est aussi une aventure humaine que Bennett Miller (on lui doit aussi « Capote ») nous raconte avec beaucoup de tendresse. Jonas Hill, choix qui pourrait sembler surprenant (on l’a vu dans des comédies comme « En cloque, mode d’emploi » et « Sans Sarah, rien ne va ») est convaincant dans ce rôle de geek du sport. Hoffman (déjà dans « Capote »), presque méconnaissable, est parfait en entraîneur dur à cuire. Brad Pitt quant à lui est brillant en homme à la fois rongé par la peur d’échouer encore, et porté par une confiance et un amour absolus envers le Jeu. Mais c’est comme père qu’il nous émeut le plus, Miller ayant également réussi à capturer toute la magie de ces moments entre père et fille. À ne pas manquer, donc.

Stéphanie PalisseEnvoyer un message au rédacteur

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