Parce qu'on en a jamais assez !

RISK

Un film de Laura Poitras

Immersion dans la sphère WikiLeaks

La documentariste Laura Poitras suit sur plusieurs années le combat de Julian Assange, fondateur de WikiLeaks, contre la surveillance étatique des citoyens et la dissimulation d’informations capitales…

Le coup d’éclat de "Citizenfour" n’a pas été reproduit… Le fait d’avoir quitté Laura Poitras sur un documentaire aussi exceptionnel nous donnait pleinement confiance dans sa capacité à frapper tout aussi fort sur un autre sujet relatif à la surveillance informatique mondiale – en l’occurrence l’affaire WikiLeaks. Hélas, "Risk" baisse de quelques crans par un montage beaucoup moins porté sur l’expérimental et moins travaillé en matière de tension croissante. Cette fois-ci, en suivant pas à pas le combat de Julian Assange et de son équipe (de la fuite des documents top secret sur WikiLeaks jusqu’à la fuite d’Assange à l’ambassade équatorienne de Londres, en passant par les révélations faites par le soldat Manning), Poitras s’en tient à des faits connus de tous, avec l’immersion au sein même des discussions avec Assange et son équipe en guise d’exclusivité. Pour un reportage de Cash Investigation, c’est parfait. Mais pour un film de cinéma…

L’autre gros défaut de "Risk" en comparaison de "Citizenfour" est de ne jamais réussir à nous prendre à la gorge au fil des révélations effectuées. Aucune tension réelle ne surnage des cadres, hormis peut-être cet instant où Assange, contraint de fuir pour éviter son arrestation, se déguise dans sa chambre d’hôtel londonienne, prêt à prendre le risque de laisser ses proches derrière lui pendant un long moment. De plus, cette idée de narration en dix chapitres non titrés (juste des chiffres romains !) est assez injustifiée, le film englobant parfois certaines périodes du combat d’Assange à cheval entre deux chapitres. On ressort donc de "Risk" satisfait d’avoir eu un panorama clair et précis de l’affaire WikiLeaks, mais déçu de ne pas avoir vu Laura Poitras faire preuve d’audace dans son traitement.

Guillaume GasEnvoyer un message au rédacteur

Laisser un commentaire