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LA NUIT AU MUSÉE 2

Un film de Shawn Levy

2ème avis - Bataille de chefs

Le plus grand musée du monde, les archives du Smithsonian Institute à Washington, vient d’accueillir une pléthore de nouveaux objets, parmi lesquels l’ancestrale tablette des pharaons capable, la nuit, d’animer toutes les antiquités et marionnettes qui l’entourent : Al Capone, Ivan le Terrible, Napoléon, mais aussi le terrible égyptien Kahmunrah. Le gardien de musée, Larry, et ses vieux amis le président Roosevelt, Attila, le Romain Octavius et Jebediah le cow-boy vont devoir livrer une bataille acharnée contre ces animations mal intentionnées…

Shawn Levy ressigne ce second volet, dont le premier fut un gros succès en 2007. Il mélange une histoire folle et amusante, pleine d’action, avec un grand panel d’acteurs qui ont déjà fait leurs preuves. Il nous entraîne ainsi dans le musée où toute l'Histoire cultive notre éducation et nous amène à la découverte de celle des autres.

Les seconds rôles mènent le film sur les chapeaux de roue pour engendrer une comédie familiale hilarante. Chacun des personnages a une faille, est attachant, dans son caractère et ses défauts, permettant ainsi à chacun une certaine identification. On notera le jeu d’Alain Chabat en Napoléon avec un ego démesuré à souhait, un sale caractères. Son ton décalé fait de cette partie du récit un moment réjouissant.

Au demeurant avec ses nouveaux personnages, cette suite amène un plus, un coup de frais par rapport au premier volet. Le réalisateur nous promène dans son musée où de nombreuses œuvres se rencontrent et se côtoient, malgré les époques, différentes. Elle brasse en quelque sorte le monde du musée en générant des batailles improbables ou des combats de titans. Elle donne goût au public à l’art, en jouant avec de remarquables animations.

Toute la famille aura donc plaisir à voir ce film A quand le troisième pour découvrir d'autres personnages qui ont fait l’histoire ?

David BrejonEnvoyer un message au rédacteur

Le concept original de « La nuit au musée » pourrait potentiellement se voir appliqué à l’infini : durant la nuit, les objets des musées où se déplace la fameuse tablette égyptienne prennent vie jusqu’aux premiers rayons du soleil. L’essence merveilleuse d’un tel postulat repose entièrement sur le déploiement d’un imaginaire que tous les êtres humains ou presque partagent, cet imaginaire qui s’interroge sur la vie secrète des objets inanimés qui l’entourent. Il s’en dégage aussi une question existentielle : peut-être sommes-nous pareils à ces créatures que la magie réveille et que l’aube qui surgit renvoie au néant infini, peut-être sommes-nous menacés de retourner un jour à l’obscurité poussiéreuse d’une caisse en bois ?

Loin de ces interrogations métaphysiques qui font le sel de la vie, « La nuit au musée 2 », digne et honnête suite de « La nuit au musée » (qui l’eût cru ?) ne se contente pas de reprendre le postulat du premier épisode, sinon l’essentiel de ses principaux protagonistes. Larry, sympathique gardien de musée dépassé par l’extraordinaire des événements, a quitté le monde de la culture pour celui des affaires en montant une société qui invente et produit des objets de consommation courante aussi inutiles qu’une lampe qui brille dans le noir. Donc il s’ennuie. L’appel désespéré que lui lancent ses anciens camarades nocturnes, dont Jebediah le cow-boy miniature, séquestrés par un terrifiant pharaon de pacotille dans les caves du Smithsonian, pousse Larry à retrouver son goût d’antan pour la surveillance de ces êtres fantasmatiques.

Selon le principe qui veut que toute suite produite dans la foulée d’un succès se révèle plus foisonnante en effets spéciaux mais désespérément moins inventive que son illustre prédécesseur, cette seconde nuitée dans les travées du musée fait loyalement figure de réchauffé. C’est donc moins bon qu’avant, mais ça nourrit tout de même son homme. L’équipe technique s’affaire à glaner l’attention du spectateur par un débordement de situations rocambolesques et de surprenants personnages qui métamorphosent la réalité historique en cocasse parade tautologique (Ivan le Terrible est vraiment terrible et côtoie un Napoléon aussi ridicule qu’il est petit), tandis qu’une poignée de bonnes idées vient accommoder gaiement cette salade agrémentée d’une jolie plante, la très atemporelle beauté d’Amy Adams, ici dans la peau de l’aviatrice Amelia Earhart. Surtout destinée aux plus jeunes (qui, n’en doutons pas, en ressortiront pleins d’images en tête), cette visite n’a donc rien de bien original, mais rien de bien malhonnête non plus. Et elle pourrait, pourquoi pas, donner envie à nos chères petites têtes blondes de pénétrer plus souvent dans de vrais musées.

Eric NuevoEnvoyer un message au rédacteur

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