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MAMMOTH

Un film de Lukas Moodysson

Meltingpot aux grosses ficelles

Une femme chirurgienne se retrouve seule aux Etats Unis, n'arrivant plus à faire bonne figure face aux maladies injustes qu'elle doit soigner. Son mari, travaillant pour quelques jours en Thaïlande lutte contre ses pulsions adultères. Pendant ce temps, les enfants de leur bonne, restés aux Philippines, vivent dans la plus grande pauvreté...

C'était l'un des films les plus prometteurs du Festival de Berlin 2009 que ce « Mammoth », réalisé par Lukas Moodysson (« Lilya 4 ever », « Fucking Amal »...) avec comme interprètes principaux Michelle Williams et Gael Garcia Bernal. Chassés croisés entre personnages à différents endroits du monde, le film fait rapidement penser à à « Babel », les coïncidences en moins, ni mystères sur les liens qui unissent les personnages entre eux. Il est en effet plutôt question ici de la famille, de la relation de l'adulte à l'enfant, et de la place de la vie privée par rapport à la vie professionnelle.

Le récit est éclaté entre trois pays: les Etats unis où travaille la mère, chirurgienne, la Thaïlande où est parti le père en voyage d'affaire, et les Philippines, où vivent les enfants de leur bonne. Malheureusement le récit s'avère rapidement bourré de clichés, comme dans les passages en Thaïlande, où les séquences de prostitution, restent un moment crédibles tant que lui ne part pas s'extasier sur le monde... La carte postale est plutôt dépaysante et les images magnifiques.

Côté Philippines, le scénario s'enfonce dans les incohérences, et l'on voit souvent venir de très loin les drames annoncés de cette histoire. La grand mère autoritaire fait ainsi preuve d'une stupidité sans nom, on usant de paraboles débiles pour éviter de décrire la prostitution enfantine. Quant au rêve américain, il se réduit à un travail harassant, dans lequel la femme est en difficulté, le summum du larmoyant étant atteint lorsque cette chirurgienne (sensée être endurcie) craque à cause d'un gamin.

Finalement, entre un début sympathique, où l'on découvre une famille unie qui joue, sur fond d'une musique qui évoque un drame à venir, et une fin aux retrouvailles crédibles, mais qui aurait pu pousser les conséquences plus loin quant à la fille du couple américain, rien n'a vraiment changé. Et que penser du douteux discours sous-jacent sur le chacun chez soi qui pointe son nez ? Bref, on ne retiendra pas grand chose de « Mammoth », film bancal et larmoyant, à part peut-être un amusant dialogue entre prostituées thaïlandaises, qui passent en revus les pires amants, pays par pays, stigmatisant notamment la prétention des italiens ou la saleté des allemands !

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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