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LES GOÛTS ET LES COULEURS

Un film de Michel Leclerc

Un portrait amusé et coloré

Marcia, une jeune chanteuse, réussit à commencer une collaboration artistique avec son idole Daredjan, icône du rock tombée dans l’oubli du grand public. Mais lorsque celle-ci disparaît, c’est avec son petit neveu qu’elle va devoir négocier la sortie de cet album à deux voix. Et ce n’est pas gagné d’avance…

Les goûts et les couleurs film movie

Si d’apparence cette romance musicale peut sembler moins politique que ses précédents films ("Le Nom des gens", "Télé Gaucho", "La Lutte des classes"), la nouvelle dramédie de Michel Leclerc continue à disséquer la société française et à s’intéresser à son sujet de prédilection : les clivages sociaux. Mais en plus du discours militant, il en profite cette fois pour rendre un hommage appuyé à la chanson française à travers le parcours de la jeune Marcia, fan inconditionnelle de Daredjan, artiste fictif inspirée de Brigitte Fontaine et Catherine Ringer. Lorsqu’elle rencontre enfin son idole, elle réussit à la convaincre de retrouver le devant de la scène, elle qui se terre dans l’ombre depuis de nombreuses années. Ensemble, elles vont composer un nouvel album, celui du grand retour. La mort subite de l’aînée va bouleverser tous les plans de Marcia, obligée de négocier avec son petit neveu, seul ayant-droit, la sortie de son disque.

Gracieuse et charmante, la dernière réalisation de Michel Leclerc n’atteint pas la poésie de ses autres œuvres, la faute à une intrigue plus floue, comme si le cinéaste ne savait pas exactement où mener son histoire, entre la violence de l’industrie musicale et celle qui existe entre les différentes classes. Cherchant à exhumer les différents clichés qu’on peut avoir sur les autres, sur ceux qui n’appartiennent pas à notre milieu, ceux qui n’ont pas les « bons goûts », les « bonnes références », le métrage use trop souvent de grosses ficelles, transformant ces personnages en archétypiques où le dédain des plus aisés tourne à la caricature enfantine plus qu’au pamphlet. Si le fantasque propre à l’auteur ne suffit plus à justifier les incohérences scénaristiques, ce faux biopic réussit à nous emporter grâce aux talents de ses comédiens, Rebecca Marder en tête, dont la prestance ne finit plus de nous impressionner après le récent "Une jeune fille qui va bien". Et en ce moment, on ne refusera pas une bonne dose de légèreté même si celle-ci est imparfaite.

Christophe BrangéEnvoyer un message au rédacteur

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