Banniere_Festival_Animation_Annecy_2020

LEGO NINJAGO, LE FILM

Une adaptation ciné sympathique et qui assume ses nombreuses références

Un vieux commerçant chinois raconte à un enfant l’histoire du Ninja Vert et de sa bataille contre son propre père Garmadon, lequel tenta de détruire la ville de Ninjago. Une aventure dans laquelle lui et ses amis ninjas découvriront leurs pouvoirs, emmenés par Maître Wu…

Après l'excellent "La Grande Aventure Lego" l'an dernier et l'amusant "Lego Batman" en début d'année, voici donc que débarque sur nos écrans "Ninjago", version cinéma de la franchise, déjà fort exploitée sous forme de série télé animée. Diffusée sur France 3 et France 4 depuis 2013, cette série met en scène des écoliers ninjas, maîtres des éléments, tentant de protéger la ville de Ninjago de nombreux dangers.

Après une introduction honnête, mettant en scène Jackie Chan, qui fait forcément penser à celle de "Gremlins", et permettant poser les bases du conte, le rythme s’emballe d’emblée avec une présentation des personnages (les ninjas et Lloyd, le fils de Garmadon, qui deviendra la Ninja Vert) sous forme de journal télé intitulé "Good Morning Ninjago". Un principe aussi mode qu’agaçant, rapidement contrebalancé par la découverte de Garmadon, via un video-call qui permet de se rendre compte de son inconsistance en tant que géniteur.

Avec diverses attaques de Garmadon accompagné de ses généraux requins, à la manière d’une mise en scène médiatique, coordonnée par un méchant particulièrement mégalo et que tout le monde aime détester, "Ninjago" se transforme en film catastrophe, puis en voyage initiatique sur l'île pour aller chercher l'arme « définitive définitive ». Côté aventures, les spectateurs seront donc servis, alors que côté animation la qualité est au rendez-vous, l’aspect légèrement saccadé étant devenu la marque de fabrique de la saga, évoquant volontairement la technique du stop-motion, et le niveau de détail permettant de repérer à la fois les imperfections des Legos et l’usure des pièces.

Les cinéphiles apprécieront en tous cas le fait que le film assume parfaitement l’ensemble de ses références, depuis celles au "Seigneur des anneaux" (le volcan sur l'eau qui évoque le Mordor, le périple de la communauté guidée par un homme en blanc…), jusqu’à l’évident "Star Wars" (l’allure du père à la Dark Vador), en passant par les machines complexes en forme de robot géant, d'araignée ou de monstre volant, conduites par les ninjas (très "Transformers" dans l'esprit), le chat devenu Miaouthra (allusion à Mothra la mite géante, de la série des monstres façon "Godzilla"), ou encore l’une des armes utilisées par Garmadon, un robot géant lanceur de requins (allusion à la mode délirante de "Sharknado" et ses suites).

S'amusant avec les codes du film d'adolescent, entre besoin de reconnaissance du père et affirmation de soi, les scénaristes jouent avec le ridicule de certains symboles de faiblesse (ne pas savoir lancer une balle et les moqueries qui peuvent aller avec). Les musiques suaves sont utilisées en contrepoint pour évoquer des souvenirs lacrymaux tournés en dérision. Tandis que le personnage de Maître Wu, frère du méchant, permet de conserver un peu de mystère à l’ensemble, autour du fameux « pouvoir du Vert », restant au film du film source de gags, grâce à sa manière étrange d'enseigner (son livre, ses morceaux de flûte incongrus...). Une adaptation ciné honnête, qui assume donc parfaitement ses nombreuses références.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

Laisser un commentaire