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LA CHAMBRE DES MERVEILLES

Un film de Lisa Azuelos

Par la force de l’amour maternel

Après avoir été renversé par une voiture, Louis, 12 ans, tombe dans le coma. Thelma, sa mère, refuse d’accepter cette fatalité et croit en un pari un peu fou : réaliser les souhaits que son fils a écrits dans un carnet pour le réveiller. Partir au Japon, nager avec les baleines, faire du skateboard… Si Thelma redécouvre le sens des mots vivre et aimer, cela suffira-t-il à sauver son enfant ?

La Chambre des merveilles film movie

Tiré du best-seller de Julien Sandrel (2019), "La chambre des merveilles" raconte l’itinéraire émouvant d’une mère célibataire qui se bat pour faire revivre son fils tombé dans le coma. Accomplissant ses rêves à lui dans l’espoir qu’il se réveille, Thelma (magnifiquement incarnée par Alexandra Lamy) se découvre en réalité elle-même. Croire à l’impossible lui fait réinventer sa vie hors de toute case, et ravive sa flamme. Plus de métro, boulot, dodo, seulement elle autour du monde, avec un carnet à la main et des rêves plein la tête. Réinterrogeant le rapport à la maternité, Thelma se rend compte que trop préoccupée par les obligations quotidiennes (l’école et ses notes, le ménage…), elle est passée à côté de l’essentiel : l’humanité de son fils. Comme elle le déclare après la découverte du carnet : « j’aurais tellement voulu partager tout ça avec toi… Pourquoi tu ne m’en as jamais parlé ? Parce que je te parle toujours de tes notes ? Je suis une maman quoi, alors on s’inquiète toujours… ». Déconstruisant ses schémas d’éducation, elle apprend à écouter, à ressentir et à vivre les choses, plutôt qu’à attendre qu’on lui les dicte ou qu’on les juge.

Véritable ode à la vie, "La chambre des merveilles" rappelle, comme "Sans plus attendre", que notre temps sur Terre est limité et qu’il faut savoir en profiter. Si certains trouveront le scénario doucereux, ce film fait partie de ceux qui parviennent à soulager l’âme en lui apportant un peu de lumière dans son quotidien. La réalisation de Lisa Azuelos brille encore une fois par sa profonde humanité et sa justesse pour retracer les émotions humaines. Faisant un clin d’œil à son film sur "Dalida" dans la scène de l’aéroport, où Yolanda Gigliotti (nom civil de Dalida) est appelée à l’interphone, elle entrecroise les vécus féminins et leur rend hommage. La question de la filiation et de la maternité habite son cinéma depuis "LOL", et "La chambre des Merveilles" n’échappe pas à ces questionnements générationnels, notamment au travers du face-à-face entre Odette et Thelma. En bref, ce film parvient à donner une profondeur de sens et d’émotions au happy end classique, tout en rappelant qu’une chambre d’hôpital n’est pas toujours la fin du voyage.

Adam GrassotEnvoyer un message au rédacteur

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