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HARRY POTTER ET L’ORDRE DU PHENIX

Un film de David Yates

Sombre et politique

Harry Potter et son cousin sont attaqués par des détraqueurs, obligeant le jeune sorcier à faire usage d’un sort interdit à l’extérieur de Poudlard. Menacé d’exclusion, il va devoir se défendre, face à un ministère de la magie qui refuse de croire au retour de Voldemort…

Le cinquième film de la série Harry Potter débarque en salles, à peine quelques jours avant la sortie en librairie de l’ultime volume de la série : Harry Potter et les reliques de la mort, le 21 juillet prochain. Avec ce film nous rentrons dans une ère plus sombre pour le jeune sorcier, celui-ci étant victime d’un isolement progressif souhaité par ceux qui préfèrent fermer les yeux face au danger. Et David Yates, connu en Angleterre pour quelques séries télé, s’en tire plutôt bien, puisqu’il délivre un film rythmé de près d’une heure vingt, certes moins foisonnant que le précédent, mais dont on ne ressent aucunement la longueur de l’installation qui a fait la mauvaise réputation des 200 premières pages du livre.

Toujours impressionnant côté effets spéciaux, le film marque l’évolution du monde des sorciers (les hiboux sont remplacés par des avions en papier) et s’ancre de plus en plus dans une proximité du monde réel et actuel. Cela se ressent également au travers d’un récit fortement teinté de politique et délivrant un message plutôt intelligent sur les dérives de la gouvernance par la peur, et l’usage de la division pour régner. Bien sûr, les adolescents seront sensibles au discours sur la rébellion face à une autorité castratrice.

Symbole de celle-ci, le personnage de Dolorès Ombrage est brillamment interprété par Imelda Staunton (vue chez Ken Loach dans « Vera Drake »), aussi terrifiante que dégoulinante de principes douteux. Moins rythmé, plus tourné du côté batailles, et moins touchant du point de vue humain que « Harry Potter et la coupe de feu », ce cinquième volet gagne en humour avec l’arrivée du personnage de Luna Lovegood, qu’incarne une jeune irlandaise lunaire : Evannah Lynch. Elle est le grain de folie qui permet d’alléger des situations de plus en dures. A suivre, avec grand intérêt puisque le prochain volet est réputé le meilleur de la saga.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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