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LA FOLLE HISTOIRE DE MAX ET LÉON

Un film de Jonathan Barré

Un critique ne devrait peut-être pas dire ça...

En 1943, Max et Léon débarquent dans un bar bien français, habillés en Allemands. Les voilà forcés de raconter leur improbable histoire, qui les mena dans l'armée, puis dans la résistance...

Grégoire Ludig et David Marsais, plus connus sous le nom du Palmashow, ont fait leurs armes sur le Web avant d'avoir leur propre vignette sur D8, prenant ponctuellement la place d'un prime-time à succès. Pas si lointain des sketchs qui ont fait leur succès, ce premier long-métrage, dirigé par leur complice de l'émission, Jonathan Barré, s'offre un récit de cinéma en forme de fresque contée en flash-backs, aux inspirations affichées, moins du côté de "La Grande Vadrouille", que des épisodes de "La 7ème Compagnie".

Ceux qui cherchent une grande histoire, épique et tragique, pleine de cohérence et d'aventures, passeront leur chemin. Ceux qui apprécient l'humour absurde et déjanté des deux compères devraient par moment rire aux éclats, face à un enchaînement de situations souvent drôles, alimentées par quelques parodies hilarantes et des personnages hauts en couleurs. Même si le tout a parfois du mal à garder le même niveau de délire ou d'inspiration, le spectateur devrait y trouver son compte, entre guest-stars impliquées et rythme malgré tout, soutenu.

David Marsais et Grégoire Ludig se sont attribués à eux-mêmes les premiers rôles, celui d'un maladroit peu courageux et de son complice aussi dragueur que ridiculement sûr de lui, fournissant aux fidèles une belle accroche de base. L'approche moderne d'une Wehrmacht donnant dans les pires dérives des communicants actuels s'avère savoureuse. Certains détails (les affiches « Hitl'hair » ou « C'est bien, c'est beau, c'est Boche ») ou certaines scènes étant vouées à devenir cultes (la fausse pub avec « Olivier, de la Milice », à la façon d'un célèbre réparateur de pare-brise).

Les guest-stars amènent leur part de fantaisie, avec en tête Florence Foresti et son absurde dialogue sur les nombreux sigles utilisés par la résistance. Réalisant certes rêves de spectateur, comme faire passer les messages de « Ici Londres » pour des phrases prononcées par des mecs bourrés, sont assez croustillant, et rares seront ceux qui pourront résister à quelques fous-rires. Sans être la comédie du siècle, "La Folle Histoire de Max et Léon" renoue avec une certaine tradition de la comédie « à la française », irrévérencieuse, osée et rythmée, sans prétention autre que d'amuser. C'est plutôt une bonne chose, non ?

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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