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EXPENDABLES

Un film de
Avec

2ème avis - Un plaisir coupable...

Amateur de films d'action des années 80, remémore toi tes longues après-midi à regarder le nouveau Stallone, le nouveau Dolf Lungren, le nouveau Gary Daniels... bref la crème des actioners, ces hommes qui passaient plus de temps à briser des nuques qu'à parler. Et bien ils sont tous là pour toi, pour tes plaisirs coupables, enchainant les vannes fumeuses et les coups de pieds axial rotatifs... que du bon et du lourd ! Certes le scénario du film tiendrait sur un timbre poste et sans ce casting de rêve (toute proportion gardée), le film aurait fini au fond d'un vidéo-club poussiéreux dans un boitier DVD quelconque.

Mais voilà, Stallone a eu l'idée de génie de nous pondre le "Océan Eleven" de la castagne, en recrutant la plupart des « gueules » des série B, et le spectateur amateur, je précise, s'amuse comme un fou à revoir ces guerriers disparus des écrans de cinéma depuis une bonne quinzaine d'année. Car au delà d'un film d'action bien bourrin, on retrouve tout un pan de ce cinéma américain par excellence, celui de l'action décérébrée mais bien plus émotive que l'assemblage par images de synthèses proposé par «les fils indignes» de ces stars. Pour Stallone, l'action doit être vécue pour être ressentie comme telle par le spectateur.

Le cinéma a perdu un genre avec l'apparition du numérique et c'est avec un certain plaisir que l'acteur réalisateur tient à le souligner. De voir ses personnages souffrir, courir au devant d'explosions gigantesques, dont le souffle leur brule le dos, fait plaisir à voir. Certes tout cela ne vole pas très haut, entre les vannes foireuses que se lancent des acteurs aguerris à ce genre d'exercice et des décapitations à grand coup de lames aiguisées, rien ne semble réaliste. Mais il s'agit là de cinéma bourrin, comme ces plats cuisinés un peu étouffe-chrétien, mais qui font toujours plaisirs une fois l'an.

En fin de compte, "The expendables" est un bon vieux films d'action, avec un casting de rêve, qui ne gravira jamais les marches à Cannes, mais qui ravivera bien des souvenirs émus à plein de jeunes adolescents rêvant d'affronter la planète entière armés d'un lame de 30 centimètres. Come on mother ......r !

Guillaume BannierEnvoyer un message au rédacteur

Les zouaves sauvages

Pour sa 8ème réalisation Rocky, Rambo, euh, Stallone nous livre un film complètement O.V.N.I. pour une sortie cinéma en 2010. Sur le papier, c’est le projet le plus bandant depuis des temps immémoriaux et nos souvenirs d’aventures hautes en couleur (soit les promesses d’un « King Conan » avec Schwarzenegger dirigé par Milius et produit par les Wachowski, frère et sœur). Mais le résultat peut il être à la hauteur à l’écran ? Réunir tous les vieux (oh oui, ils ne sont plus tous frais, croyez moi) briscards des années 80, qui rappelons le, constituaient la décennie des héros musclés invincibles et reaganiens bottant le cul de tout ce qui pouvait avoir l’air communiste, que ce soit sur un ring ou en pleine jungle, était déjà une gageure. Mais comment aborder le genre plus de 20 ans plus tard alors que le jeune public actuel ne connait plus vraiment ces acteurs devenus, pour certains, des stars de vidéoclubs (d’ailleurs ce même public ne sait surement pas ce qu’est un vidéoclub) et pour d’autre… rien ou pas grand-chose ?

Faut-il faire des concessions ? S’adapter à la « bulletimisation » du cinéma d’action (procédé devenu ringard dès le lendemain de sa 1ère utilisation), passer à une 3-D soit disant révolutionnaire ou tomber dans la mode plus actuel du réalisme à outrance qui fait le succès de grands cinéastes tels Christopher Nolan et Paul Greengrass ? Non ! Car tout comme son boxeur, tout comme son ancien du Vietnam, Stallone est « né » dans les 80’s (ok, en 1976 pour les râleurs) et n’entend pas changer la recette qui a fait de lui un des acteurs les plus aimés de la planète. « The Expendables » est un film sur les 80’s tourné comme à la grande époque, qui nous arrive, comme les pieds de Chuck Norris / Braddock « dans la gueule » !

The ex-banquables

Oui, j’utilise deux titres, car je les trouve tous les deux drôles et que je fais ce que je veux, mais revenons à nos bourrins. En castant la crème de la crème de l’écrémage de terroriste et autre dictateur en carton, Stallone prend le risque de livrer un film soit aussi déséquilibré qu’un Daniel San sans l’aide de maître Miyagi (dans le « vrai » film sans le fils de Will Smith) pour gérer les temps de présence de chacun, la profondeur et le développement de chaque personnage (comprendre, l’égo de leurs interprètes), soit, de tomber dans le cliché du film choral à coup de ralenti sur le groupe à chaque plan façon « L’Etoffe des héros » (tiens un autre cliché multi-pillé) ou l’arrivé du Bloodpack dans « Blade II ».

La deuxième solution peut être cool, mais perd tout son intérêt dès la seconde vision du film. Sly ne se prend pas la tête et tout comme pour « Rocky Balboa » (le 6ème) et « John Rambo » (le 4ème) tourne de façon old-school, la violence et les litrons de sang en plus. « The Expendables » peut d’ailleurs être considéré comme une sorte de conclusion à ce triptyque, voir même à la carrière en tant qu’acteur de Sly, une sorte de baroud d’honneur, de « dernier coup », de chevauchée walkyrienne, que dit-je, de sortie triomphale à la Butch et Sundance (le cowboy, pas le festival nommé d’après lui) pour une carrière bien remplie, glorieuse et sans honte (excepté « Judge Dredd »). Allez voir « The Expendables » c’est comme voyager dans le temps pour être témoin de ce qui se faisait au bon vieux temps. Ce n’est pas un film sur les 80’s mais « A » la 80’s !

Mais alors, tout ca c’est bien gentil, mais ca ne nous dit pas vraiment si « The Expendables » est un bon film. Là encore, tout dépend de ce que l’on recherche ! C’est sûr que comparé à des chefs-d’œuvre officiels comme « 2001 » ou « La soif du mal », Sly et ses potes font pâle figure (comme 98% des films existant d’ailleurs), mais ces visages pales ne sont là que pour une seule et unique chose, tout casser et nous faire plaisir. Quand on va voir « The Expendables » c’est pour voir un bon « men-on-a-mission » (ou « film de commando ») respectant les codes du genre et suintant la testostérone à plein nez ! Oui, c’est con ! Oui, l’histoire tient sur un ticket de métro de prostituée vietnamienne, mais qu’est ce que c’est bon !!! Le cast est parfait (Statham, Li, Roberts, Rourke et Gary « Ken le survivant » Daniels) et joue le jeu avec délectation (mot qui n’est pas employé dans le film, rassurez-vous), grâce notamment à l’absence des « grosses têtes » (Van Damme et Seagal, pas Bouvard et Kersauson) et compense la grosse faiblesse du film que l’on pourrait reprocher en matière de cadrage et de découpage de certaines scènes assez chaotiques. Et quel plaisir, de voir enfin, le rêve, le fantasme de tout jeune des années 80 (non, pas Kelly LeBock dans « Une créature de rêve ») mais la présence dans le même film de Sly, de Schwarzy et de Bruce Willis. Même si cette scène ne dure qu’un court instant, elle vaut son pesant de pop-corn, rien que pour l’aura qui s’en dégage. Cette scène est d’ailleurs ce qui a permis au film, produit par Nu Image (spécialiste de la grosse série B en DTV) d’atteindre les salles obscures et de ne pas se contenter d’une sortie directe en vidéo (DTV).

Si vous aimez les 80’s, les films d’actions bourrins ou l’on ne se prend pas la tête mais où l’on en explose à la pelle (pas littéralement), « The Expendables » ne peut pas vous décevoir. Et puis, s’il faut bien reconnaitre une chose, c’est que pour sortir un tel film à notre époque, il faut posséder, comme dirait Stanley Ipkiss « Une paire de couilles d’acier, le sens moral et être américain »... tout ce qui fait le cinéma de Sly !

François ReyEnvoyer un message au rédacteur

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