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LES CROODS

À 100 à l'heure

Eep est la fille aînée d'une famille d'hommes des cavernes dans laquelle sévissent des règles strictes. Il faut dire que le danger rode à chaque pas que chacun d'eux effectue à l'extérieur de leur caverne. Mais un jour, un tremblement de terre détruit la grotte, les obligeant à entreprendre un long voyage...

Le point de départ des "Croods" ressemble il est vrai étrangement à celui de certains des épisodes de "L'Âge de glace" : un cataclysme contraint une famille à sortir d'un milieu connu (même si hostile) et à partir découvrir le monde. Se transformant alors en une sorte de road-movie, le récit est à la fois l'occasion de régler les problèmes internes du groupe et de s'émerveiller des beautés de contrées inexplorées. "Les Croods" ne déroge pas à la règle, permettant à ses personnages de comprendre qu'ils ne sont pas seuls, et accompagnés d'un jeune homme entreprenant, de découvrir toutes sortes de paysages et créatures.

Le nouveau venu des studios Dreamworks apparaît certainement comme un événement mineur dans l'univers de l'animation en images de synthèses, et de la 3D. Il n'en repousse pas moins certaines limites en matière de fluidité d'une animation qui se veut de plus en plus réaliste, même si les visages semblent ici simplifiés de manière à créer une certaine bonhomie chez chacun des membres de la famille. La formidable scène d'ouverture du film en est le témoin, lançant le long-métrage sur un rythme effréné, qu'il lui sera difficile de maintenir sur la longueur. On y découvre toute la famille se lançant à la recherche de son petit déjeuner (un œuf géant), qu'ils vont se passer les uns les autres, à la manière d'un match de football américain, en évitant que l'équipe adverse (d'autres espèces, plus bizarroïdes les unes que les autres) ne s'en empare.

Si le film fonctionne plutôt bien, les thématiques ne sont pas nouvelles, avec la rébellion de la fille contre les règles strictes édictées par son père, et on peut aussi lire en filigrane un message contre la gouvernance par la peur, le père allant jusqu'à raconter d'horribles histoires qui se terminent toutes par... la mort, pour éviter toute prise de risque de sa progéniture. L'humour est bien sûr au rendez-vous, s'articulant autour de la bluette adolescente entre un jeune homme aventureux possédant le feu (et étrangement épilé sous les aisselles !) et la fille de la famille, de la brutalité sans cervelle du père (voir l'excellente idée du « snap-shop » façon préhistoire) et de la présence de tout un tas de créatures étranges.

On notera ainsi entre autre des souris ayant une queue commune, un canard avec un bec et des dents, mais aussi et surtout LE petit personnage secondaire qui fait office de décompresseur, « Belt » (« ceinture », en anglais), un paresseux qui sert de slip vivant au jeune homme étranger, et ponctue les situations difficile ou effrayante d'un pétillant « Tadaaaaa... ». Le réalisateur de "Dragons", Chris Sanders, s'il ne réitère pas l'exploit épique de son précédent film, nous livre ici, en équipe avec Kirk DeMicco, une aventure ébouriffante et techniquement impeccable qui plaira aux petits tout en amusant les plus grands.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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