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BRIGHT STAR

Un film de Jane Campion

« Un objet de beauté est joie pour l'éternité »

Début XIXe, dans une campagne boisée proche de Londres, John Keats, un jeune poète, s’éprend de sa jeune voisine Fanny Brawne. Fous amoureux l’un de l’autre, ils partagent des après-midi délicieux à parler poésie. Malheureusement l’écrivain, sans le sou, ne peut prétendre épouser sa bien-aimée...

Méconnu de son vivant, John Keats fut consacré après sa mort comme l’un des plus grands poètes romantiques de la littérature anglaise. En 1818, il s’installe chez un ami rentier, écrivain lui aussi, afin de travailler sur un nouveau recueil. C’est alors qu’il rencontre Fanny, dont il tombera éperdument amoureux. Inspirée par cette très belle histoire d’amour, Jane Campion réalise ici un film plein de poésie et de tendresse, où l’on se laisse bercer par le rythme des saisons. Un amour interdit où chaque geste transporte des trésors d’émotion. Une main effleurée, un sourire, imperceptibles signes magnifiquement soulignés par une caméra légère et pudique.

A l’instar de “La leçon de piano”, où la passion qui unissait l’héroïne à son amant était charnelle et destructrice, “Bright star” est un film plein de douceur. Ici pas de mari violent et jaloux. Seul l’ami du poète Charles Brown voit d’un mauvais œil l’idylle, mais cela est juste prétexte à un échange de répliques sarcastiques plutôt plaisantes. Pourtant, il s’en faudrait de peu pour que ce film soit un mièvre mélo ennuyeux. Mais là est tout le talent de la réalisatrice qui, par une mise en scène épurée, a réussi à éviter tous les écueils du film romantique purement académique.

“Bright star” n’est pas la biographie d’une des plus grandes plumes de la littérature anglaise, mais le portrait attachant d’une jeune fille, curieuse de tout, séduite par la sensibilité d’un homme qui a fait le choix de sacrifier toute opportunité d’une existence confortable pour vivre de sa poésie. Des personnages authentiques et sincères, sublimés par leur amour.

“Bright Star” est un film où on se laisse porter, où le temps s’arrête dans une campagne anglaise ponctuée de-ci de-là, d’une touche de couleur. Un tableau impressionniste qui permet à Jane Campion d‘évoquer un nouveau portrait de femme : une jeune fille amoureuse et insouciante, aux antipodes de ses précédentes héroïnes. Un film à contempler telle une brillante étoile !

Gaëlle BouchéEnvoyer un message au rédacteur

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Bande annonce par Filmtrailer.com

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