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Festival de l’Alpe d’Huez 2024 - Jour 4 : prisonniers, préjugés et clairvoyance

21 janvier 2024
Festival de l'Alpe d'Huez 2024 : Jour 4 -
© 2024 Las Palmeras - Nolita Cinéma - M6 Films – Wild Bunch - Princesse Béli

Avant-dernière journée à l’Alpe d’Huez, entre brouillard et beau temps, juste avant un week-end qui s’annonce blindé au niveau des pistes. Côté festival les feux des projecteurs ont été braqués sur un restaurateur juif intégrant une prison dans "Neuilly-Poissy", un road movie un peu à part ("Ici et là bas") et un épique stage de développement personnel dans "14 Jours pour aller mieux".

NEUILLY-POISSY

Max Boublil est le personnage central de ce film qui tombe à pic, en cette période de tensions communautaires en France et de conflits internationaux. Il interprète un restaurant juif habitant Neuilly et ayant détourné de l'argent et pris en flagrant délit de pot de vin avec son banquier. Envoyé en prison à Poissy, il ne va pas tomber dans le bon bâtiment et se retrouve avec les gars de banlieue et les barbus musulmans, dont il n'a nullement les codes. Il tente alors de se faire cacher sa religion, mais n'évite pas les dangers de la prison. Grâce à un scénario qui se concentre sur ce qui rassemble et non ce qui divise, et à des seconds rôles (Jugnot, Tagbo, Darmon) aussi bien écrits et dotés de répliques efficaces que les premiers, le film se révèle en belle histoire d'amitié.

ICI ET LÀ-BAS

C'est sur le principe des préjugés de races, proches de "Jumeaux mais pas trop" (un tandem blanc / noir) que Ludovic Bernard ("L'Ascension", "10 jours sans maman") installe son intrigue autour d'un commercial noir (Ahmed Sylla) obligé d'aller sur le terrain pour conserver son poste, et flanqué d'un cousin blanc (Hakim Jemili, vraie révélation) déterminé à retourner vivre au Sénégal où l'attend sa femme. L'inversion des repères fonctionne plutôt bien, soulignant la manière dont chacun, malgré son ressenti intérieur, peu contribuer à colporter les clichés. Mais l'aspect road movie, faisant le tour des traditions locales, doublé d'un buddy movie, ne tient pas la longueur, malgré un dénouement où le message sur l'émancipation du regard des autres passe par quelques belles répliques.

14 JOURS POUR ALLER MIEUX

Dans la lignée de "Hommes au bord de la crise de nerfs", présenté à l'Alpe d'huez en 2022, dans lequel 7 hommes faisaient une thérapie de groupe dans la nature du Vercors, "14 Jours pour aller mieux" emmène un homme préoccupé par son boulot et son futur beau frère dans un stage de développement personnel à la campagne. Zabou Breitman s'en donne à cœur joie dans le rôle d'une clairvoyante odieuse, adoptant le jugement et l'humiliation collective comme méthode, même vis à vis de son compagnon, gourou sur le retour, interprété avec tendresse par Lionel Abelanski. Les gags sont plutôt efficaces, les pensionnaires inégalement traités, mais l'humoriste de Maxime Gasteuil, qui a coécrit le scénario, tient ses promesses dans le rôle principal.

Olivier Bachelard Envoyer un message au rédacteur
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