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INTERVIEW

FAUTEUILS D'ORCHESTRE

Affiche du film Julieta
©

Dans le cadre de la sortie du film Fauteuils d’orchestre, nous avons rencontrés Danièle Thompson, la réalisatrice, son fils Christopher, acteur et scénariste, ainsi que 3 des interprètes du film : Valérie Lemercier, Albert Dupontel et Dani.

La première question porte sur le caractère réaliste du film. La réalisatrice nous explique que cette insatisfaction des artistes vient de leur fragilité, que le film pourrait être du vécu, mais que ce n’est pas directement le cas. Le personnage de Cécile de France est lui paradoxal, et source de comédie. Bien qu’il s’agisse du personnage le plus pauvre, c’est aussi le plus sympathique et le plus optimiste.

Albert Dupontel explique à son tour que son personnage pourrait en quelque sorte être lui, mais que cela n’est finalement pas le cas. Par contre, il comprend très bien les frustrations de son personnage. De même, Valérie Lemercier présente la notoriété comme un phénomène qui peut parfois être un frein. Les personnes qui vous reconnaissent dans la rue arrivant toujours le mauvais jour ou au mauvais moment. C’est en ces différentes petites constations que nos interprètes disent se rapprocher de leurs personnages.

Une autre frustration de ces acteurs est d’ailleurs celle des classements et catégorisations excessives. Ils sont souvent frileux vis à vis des séries ou des « personnages récurrents » car cela fait parfois perdre de leur crédibilité dans le métier : on vous enferme dans un moule.

Dani nous dit qu’elle s’est sentie comme une « invitée » sur ce tournage. Elle affirme avoir été très bien dirigée par Danielle Thompson, lui permettant ainsi de donner le meilleur d’elle même.

On demande alors à Christopher Thompson s’il a écrit son rôle pour lui-même. Il nous explique que ce personnage est venu très tard dans l’écriture. Au départ, le personnage était complètement différent. Puis Christopher a ressenti l’envie de rejouer, et a plus ou moins adapté le personnage pour lui. Mais il maintient que lors de l’écriture d’un film, il ne faut jamais écrire pour quelqu’un.

Danièle Thompson est interrogée sur son cynisme. Elle explique vouloir faire rire en parlant de gens qui vont mal, que son film est beaucoup plus un film psychologique qu’un film d’action, et qu’elle s’est sentie toujours plus à l’aise dans la comédie car elle aime ça. Pour elle, il faut toujours être sur le fil, puisque parler des choses de la vie est toujours potentiellement drôle ou tragique. On lui demande également comment s’est passé ce tournage avec des acteurs qui sont pour beaucoup aussi des réalisateurs. Elle décide d’oublier qu’ils sont aussi réalisateurs, pour se focaliser sur son travail. Ceux-ci ne font pas non plus valoir cette qualité et ne se comportent qu’en acteurs sur le tournage. Cependant, s’ils ont des suggestions elles sont les bienvenues. Les interprètes concernés ont d’ailleurs qualifié ce tournage de « vacances » : ils se laissaient aller, oubliaient les soucis de réalisation…

On demande alors à Danièle Thompson pourquoi sa saillie sur les castings et la A-list d’actrices. Elle nous explique que ces listes existent effectivement plus ou moins, et que cette scène était aussi un peu l’occasion de se moquer de cette dictature des directeurs de casting, tout en s’amusant.

Lors de l’écriture du film, elle s’est inspirée de la vie de François-René Duchâble, un pianiste qui a décidé de tout plaquer. C’est lui-même qui a coaché Albert Dupontel pour le tournage. Cette décision difficile l’avait rendu très heureux, remplissant son besoin de liberté. Cela lui a également permis de « choisir » sans réellement arrêter puisqu’il essaie désormais d’amener la musique classique au grand public.
Le tournage de la scène où le pianiste plaque tout a été tournée avec un vrai public, qui était outré lors de cet « happening » et avait copieusement sifflé.

Enfin, la réalisatrice nous affirme que le quartier Montaigne à Paris n’est pas réellement un personnage de ce film, et encore moins son personnage central. Mais elle trouve cet endroit très beau et a été frappée par cette convergence de gens et de classes sociales si différentes, ce qui l’a poussée à choisir ce lieu pour son intrigue.

Rémy Margage Envoyer un message au rédacteur

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