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Critique Série : HOUSE OF CARDS

Série créée par Beau Willimon
Avec Kevin Spacey, Robin Wright, Kate Mara, Corey Stoll, Michael Kelly, Kristen Connolly…

Première diffusion en France : 2013 sur Canal+
Format : 55 minutes en moyenne par épisode (13 épisodes pour la saison 1)
Site officiel : Facebook

Synopsis

Après avoir aidé Garrett Walker à devenir président des Etats-Unis, Franck Underwood, membre du Congrès et démocrate, apprend que le président n'honorera pas sa promesse de le nommer Secrétaire d'État. Furieux, Underwood se jure de détruire tous ceux qui l'ont trahi. Pour cela, il rallie sa femme Claire à sa croisade. Ensemble, ils s'appliqueront à recomposer minutieusement l'échiquier politique pour arriver à leurs fins. Choisissant un à un ses pions, Franck se servira notamment d'un jeune député manipulable, Peter Russo, et d'une journaliste aux dents longues, Zoé Barnes.

Critique : Partie d'échec sanglante

Chaque année apporte son lot de nouvelles séries US censées cartonner, et souvent l'une ou l'autre offre à un grand nom de cinéma (réalisateur ou acteur) l'occasion de passer du grand au petit écran avec brio.

Ainsi, en septembre 2013, il était difficile de passer à côté des 4mx3m montrant Kevin Spacey ("Se7en", "Usual Suspects", "American Beauty"…), en costume sombre, remplaçant Abraham Lincoln sur le Lincoln Memorial de Washington DC, agrippé au fauteuil, il nous regarde l'air triomphant, en légère contre-plongée pour signifier sa suprématie. Il a les mains en sang, des traces de sang sur ses chaussures et sur le socle… traces qui témoignent d’un possible meurtre pour arriver là où il siège ! Ajouter à cela le logo de la série présentant le drapeau américain retourné : un signal de détresse internationale ou signe que la situation est désespérée à Washington, on pourrait presque imaginer un coup d'Etat. Nous voilà appâté, puis un autre nom tombe : la série est produite par David Fincher ("Se7en", "Fight Club", "The Social Network", "Millenium"…), plus la peine d'en dire plus, "House of Cards" peut s'immiscer dans nos soirées, on est déjà accro !

Passé l'effet "poids lourds confirmés","House of Cards" accroche dès la première minute. Dès la première scènen, on comprend qu'on est face à l'histoire d'une vengeance glaçante et pernicieuse, lente et méthodique, calculée et machiavélique. Car, en 2013, à Washington, les comptes se règlent par effet papillon. Et Franck Underwood, membre du Congrès démocrate, est expert dans le domaine !

Après avoir aidé Garrett Walker à devenir président des Etats-Unis, Franck Underwood apprend que Garret n'honorera pas sa promesse de le nommer Secrétaire d'État. Furieux, Underwood promet de détruire tous ceux qui l'ont trahi. Pour cela, il recompose l'échiquier politique pour arriver à ses fins, choisissant ses pions un à un. Son objectif sera de pouvoir frapper indirectement ses victimes, tout en passant pour le sauveur de la situation.

Pour cela, Franck s'allie à deux femmes. La première, son épouse Claire, interprétée par Robin Wright, qui dirige une ONG et semble tout aussi intraitable que son mari. Cette équipe-là a des heures de vols derrière elle et le duo parait inébranlable, même si leur relation semble reposer sur de curieux arrangements… L'autre, Zoé Barnes (Kate Mara) est une jeune journaliste prête à tout pour un scoop, et anime un blog influent. Ce statut lui permet de jouer les indépendantes lorsque son rédacteur en chef la recadre. Elle devient la candidate idéale pour Underwood qui cherche à faire fuiter certaines infos au bon moment dans les médias.

Volontairement lente à se mettre en place, "House of Cards" est avant tout une promesse : ça va faire mal et qu'on va aimer ça ! Bienvenue dans les coulisses de la politique…pardon de la Maison Blanche, où les lois, les décrets et les lobbies sont comme des jouets dans les mains d'un seul homme à l'égo blessé.
Ce portrait du monde politique est pessimiste et noir, et malgré cela, "House of Cards" est un vrai divertissement ! On ne s'ennuie pas une seconde : réalisation au cordeau, connivence avec Franck lorsqu'il prend la parole face caméra pour nous commenter ses agissements, humour corrosif et relations complexes, le cocktail est chargé mais le résultat est surprenant.

"House of Cards" est aussi la première série commandée, non pas par une chaine de télévision, mais par un site américain de VOD : Netflix. Un véritable bouleversement dans l'industrie des séries ! Puisque le site a signé dès le départ pour 2 saisons et choisit de diffuser l'intégralité de la première saison en multicanal (TV connectée, smartphone, tablette, consoles de jeux...).

 

Loreleï Colin-Moreau Envoyer un message au rédacteur