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VITA ET VIRGINIA

Un film de Chanya Button

Pour les amateurs des belles lettres, uniquement !

À la fin des années 20, Vita Sackville-West, romancière britannique à succès, vit de façon libre et indépendante avec son mari homosexuel, comme elle. Fille d’une riche héritière, elle fait le désespoir de sa mère, en fréquentant les milieux artistiques tel que The Bloomsbury Group, le cercle littéraire de Virginia Woolf…

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Chanya Button, qui nous avait enthousiasmés avec son génial road movie so british ! "Burn Burn Burn" (VOD), trouve aujourd’hui le chemin des salles françaises avec un nouveau duo féminin "Vita & Virginia". Dans un style raffiné, elle conte la liaison que Virginia Woolf a entretenue avec Vita Sackville-West. Ambiance feutrée, image léchée et petites animations 3D étoffent le métrage d’une certaine élégance. Les toilettes des deux actrices ont un tombé parfait, tout comme leur diction, posée à la virgule près.

Malheureusement, même un très bel accent anglais ne suffit pas à faire un film. La romance entre les deux femmes, trame principale de l’histoire, disparaît au profit d’une énumération sans relief de belles phrases. Ponctuées d’une musique presque caverneuse, les scènes sonnent creux, figées dans un classicisme éthéré. Aucune passion ne se dégage de cette liaison interdite, aucune émotion ne fera rougir ses héroïnes. Gemma Arterton pourtant rodée aux rôles de séductrices volcaniques semble ici de marbre, tel un mannequin vitrine des années 20.

À l’inverse, la silhouette longiligne d’Elizabeth Debicki, exprime d’avantage la retenue et le mal-être qui rongeait Virgina Woolf. L’actrice arrive à trouver le ton juste, mais les scènes qu’on lui donne à jouer maintiennent son personnage dans un inconfortable entre-deux, oscillant entre auteure réfléchie et femme en quête d’amour. La réalisatrice pourtant si inspirée créativement dans son premier film manque ici de panache. À force de vouloir montrer à quel point ses héroïnes étaient des femmes intelligentes, elle oublie de leur donner du corps. On est loin de l’intensité du personnage interprété par une Nicole Kidman dans le bouleversant "The hours", qui, encore aujourd’hui, reste le plus bel hommage cinématographique à l’auteure de « Mrs Dalloway ».

Gaëlle BouchéEnvoyer un message au rédacteur

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