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LA VERITE SI JE MENS ! 3

Un film de Thomas Gilou

On prend les mêmes et on recommence !

À Aubervilliers, Xiong, un entrepreneur du secteur du textile, inaugure l’ouverture d’une nouvelle usine. Simon voit l’expansion des chinois sur le fond de commerce de la communauté juive d’un très mauvais œil. Il en fait part à Eddie, qui possède aujourd’hui une entreprise florissante en lui proposant de s’associer. Celui-ci refuse, nullement inquiété par les acquisitions de Xiong. Mais un coup monté dont les auteurs seraient issus la communauté chinoise risquerait de bien vite changer la donne…

J’ai toujours pensé que tenter de ressusciter les succès de plus de dix ans d’âge ne donnait jamais rien de bon. Ou dans le meilleur des cas, jamais rien d’exceptionnel. Bien souvent, la dynamique créatrice disparait au-delà des cinq années sans suites et il ne reste finalement que l’attente des fans, qui se retrouvera déçue, ceux-ci se rendant alors compte des objectifs purement mercantiles de leurs franchises préférées. Ici, bien que l’on soit loin d’un désastre à la « Bronzés 3 », il est difficile de prétendre que cet opus égale le premier du nom. Non, mais il talonne certainement le deuxième en terme de plaisir de vision.

Bien que réduits pour la plupart à l’état de caricatures, les personnages demeurent attachants, notamment Serge Benamou et Patrick Abitbol dont les interprètes, José Garcia et Gilbert Melki, ne lésinent pas à appuyer les défauts. En même temps, vous me direz que c’est là la signature de la série. Les comédiens sont proches aussi dans la vie et ça se ressent à l’écran. Ils en font des tonnes, ça fonctionne la plupart du temps, on décroche au pire un sourire au mieux une franche poilade lorsque les membres de cette bande de copains commencent à se taquiner avec un humour potache, parfois vulgaire, mais assez irrésistible lors de certaines scènes (notamment celle à la banque de sperme). C’est d’ailleurs cette impression de retrouver une joyeuse bande de copains qui prédomine pendant toute la première moitié du film et qui permet de faire abstraction des défauts d’écriture et de profondeur dont le premier opus était exempt.

Car niveau scénario, sans être non plus la bérézina puisque Gérard Bitton et Michel Munz ont tout de même eu la présence d’esprit d’intégrer la situation du marché du textile parisien actuel, le tout reste tout de même figé sur le même schéma que les précédents opus. Encore une fois, c’est l’affaire d’Eddie qui est en péril et que la bande sauve grâce à une arnaque qui rappellera sans mal celle de « La vérité si je mens ! 2 ». C’est donc un petit copier-coller que nous resservent les scénaristes et il n’est pas rare d’avoir un temps d’avance sur les quelques retournements de l’intrigue.

Alors le tout reste tout de même plutôt divertissant, malgré l’impression de déjà-vu, omniprésente, certains gags tombant directement à l’eau. Il serait même possible de passer un bon moment à condition de ne pas trop attendre de cette suite qui n’égalera jamais la fraîcheur du premier opus.

Alexandre RomanazziEnvoyer un message au rédacteur

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