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LA VENGEANCE DANS LA PEAU

Un film de Paul Greengrass

Trépidant

Jason Bourne, blessé par balles tente de sortir de Russie où il est allé demander pardon à la fille d'une des victimes de sa vie d'avant, où il était tueur professionnel. Pendant ce temps, à Londres, un journaliste met le doigt sur un certain projet Blackbriar...

« La vengance dans la peau » est le troisième volet consacré à Jason Bourne, personnage d'agent non officiel de la CIA à la mémoire défaillante, créé par Robert Ludlum. Et l'action reprend à l'avant dernière scène du film précédent, « La mort dans la peau », en Russie. Le film redémarre donc en pleine action, et ira crescendo, nous baladant de ville en ville, de Londres à New York en passant par Tanger ou Madrid, jusqu'à une incroyable scène de poursuite en voitures dans les rues de New York. Du coup, ne cherchez pas à situer la scène du coup de téléphone à laquelle on assiste à la fin du deuxième épisode, car c'est là l'une des bases surprenantes de ce film coup de poing.

Remarquable de tous points de vue, la mise en scène est une nouvelle fois signée Paul Greengrass (« Vol 93 » pour lequel il a été nommé aux Oscars). Usant, dans les moments d' accalmie, de champs - contre champs souvent positionnés à l'arrière d'une épaule, d'un meuble, un volet, une porte, il donne ainsi au spectateur la sensation d'épier en permanence les personnages. Personne ne sait mieux que lui utiliser portes et couloirs, tout en changeant de point de vue en permanence, offrant ainsi une formidable dynamique au scènes de mouvement. Enfin, il met aussi en scène des combats toujours aussi palpitants et réalistes, et innove en terme de cascades, avec par exemple l'utilisation d'un bord de trottoir cassé pour mieux sauter, à moto, sur un mur!

Vous l'aurez compris, « La vengeance dans la peau » est un thriller palpitant de bout en bout, porté par des interprètes au sérieux de circonstance, ayant tous des intérêts particuliers comme généraux à défendre. Matt Damon, la rage au ventre, cherche les clés de son ancienne vie, quitte à y rester. Joan Allen joue les malins bras droits faussement coopératifs. Et au passage le film questionne la légitimité d'une agence indépendante qui a tous pouvoirs et ne subit aucun contrôle, revêtant ainsi un aspect légèrement politique. Si l'on passe sur la seule petite incohérence, le même agent dormant officiant à Londres et à New York, l'enchaînement des situations paraît au final des plus crédibles. Et ce troisième film clos brillament une série de longs métrages trépidants qui redonnent au terme « espionnage » toutes ses lettres de noblesse.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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