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UNE VIE ENTRE DEUX OCÉANS

Un mélo aux enjeux puissants mais un rien trop appuyé

Tom Sherbourne, ancien soldat traumatisé par la Grande Guerre, prend un poste de gardien de phare sur l'île de Janus. Isolé en ces terres austères, il va cependant trouver l'amour en la personne de, Isabel, la fille d'un dignitaire du port le plus proche. Mais les difficultés commencent au sein du couple, avec les fausses couches à répétition de la femme...

Dans "Une vie entre deux océans", les bruits du vent et de la mer déchaînée résonnent aussi fort que des coups de canons, envahissant la salle de manière assourdissante autant que la tête de son personnage principal. L'isolement c'est ce qu'est justement venu chercher Tom Sherbourne, ancien soldat, au lendemain de la Grande Guerre, en se proposant pour un poste de gardien de phare sur l'île de Janus. Une blessure qui se lit dans son regard, des tourments qui le hantent, comme ces bruits sourds de combats qui se mêlent à celui du vent, pour mieux signifier ces souvenirs douloureux qu'il renferme.

Avec "Une vie entre deux océans", l'auteur de "The Place Beyond The Pines" nous livre un véritable mélo, en forme première de renaissance à la vie, au travers d'un amour inespéré qui naît en ces lieux austères. Comme un espoir de lien avec l'humanité pour ce personnage principal, au travers d'un amour inattendu et fusionnel que l'isolement de ces lieux tourmentés rend encore plus fort et complice. Certes troublant et émouvant, le film n'évite cependant pas quelques longueurs dans la mise en place du drame à venir, série de fausses couches menant à une opportune et symbolique appropriation d'enfant.

Tissant dans sa deuxième partie une perturbante mais intéressante mise en abîme du sentiment de culpabilité, celle du survivant, incapable de parler de la guerre, et celle de l'homme qui sait à quoi il doit la fille qu'il élève, le scénario offre à Michael Fassbender et Alicia Vikander deux rôles en or. Face à l'apparition du personnage de Rachel Weiz, en mère dépossédée et hantée par le souvenir, leurs deux prestations deviennent tout simplement époustouflantes. Dommage que le metteur en scène de cette ode au pardon ait préféré, à la simple beauté de ses cadres sur les paysages naturels, donner dans l'overdose de couchers de soleil devenant au fil du film trop cartes postales.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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