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UN BAISER PAPILLON

Un film de Michael Noer et Karine Silla

Quand le cinéma donne des ailes

Billie, maman comblée et folle amoureuse de son mari Louis, choisit de cacher à sa famille qu’elle souffre d’une maladie irréversible. Alice, son infirmière, tente de lui redonner le sourire, tandis que Marie, son amie comédienne, ne rêve que d’une chose : avoir un enfant...

« Un baiser papillon » est d’abord une galerie de personnages attachants, dont on devine qu’ils se connaissent très bien dans la vraie vie. C’est un peu une histoire de famille : Karine Silla, réalisatrice du film, est mariée à Vincent Perez et leur fille Iman interprète la petite danseuse, fille de Billie et Louis. On perçoit d’emblée la connivence entre les acteurs qui, tous, livrent une interprétation spontanée et subtile.

Billie (Valeria Golino) est restauratrice d’œuvres d’art. Elle évolue dans un cocon protecteur dont les murs sont chargés de souvenirs et de coups de cœur. Cette femme aime la vie, cette vie qui lui échappe inexorablement. Mais bizarrement, ce sentiment d’impuissance qui pourrait envahir le film lui donne au contraire un certain élan. C’est parfois dans les situations les plus désespérées que l’on trouve l’espoir et l’énergie pour avancer. Tel est le message du film, sans pour autant basculer dans le pathos : le sens des responsabilités, la remise en cause des certitudes, ou même les croyances les plus mystiques, aident chacun des personnages à traverser les épreuves avec courage et lucidité.

Alice, sous les traits de Cécile de France, rigolote et pleine de bon sens, s’est paradoxalement laissée enfermer dans une existence étriquée, à l’opposé de ses rêves de jeunesse. Marie (Elsa Zylberstein) veut croire au miracle de la vie : tragédienne à la ville comme sur les planches et proche de la quarantaine, elle ne rêve que d’avoir un enfant. Paul, écorché vif et homme à femmes, se transforme en un Robin des bois romanesque pour sauver celle qu’il aime. Petit à petit, l’histoire se tisse, avec son lot de messages plus ou moins profonds sur l’optimisme, la spiritualité, la force de se battre : libre à chacun d’y adhérer ou non.

Les cartésiens risquent de reprocher au film son scénario improbable, aux retournements de situation peu crédibles. Mais si vous avez l’âme rêveuse, voire naïve, cette histoire pourrait bien vous donner des ailes.

Sylvie DelsalleEnvoyer un message au rédacteur

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