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TU VAS RIRE MAIS JE TE QUITTE

Un film de Philippe Harel

Une sympathique caricature

Une jeune actrice (Judith Godrèche) n’ayant eu que de petits rôles dans des téléfilms, des séries, voire des publicités pour des yaourts, a bien du mal à percer, une fois la trentaine venue, et donc à trouver de vrais rôles. Entre sa vie privée, où elle quitte un ami trop tranquille, sa vie amicale, où ses amies la trahissent en douceur, et sa vie professionnelle, où elle subit humiliation sur humiliation, rien ne va plus…

Après un passage par le polar poisseux (Tristan), Philippe Harel (La femme défendue, Les randonneurs…) retourne à la comédie légère qui a fait son succès et sa réputation. Mais il revient aussi ici, au portrait de femme, pas si grossier qu’il peut en avoir l’air. Cette femme, c’est Judith Godrèche, véritable tourbillon d’espoir, d’énergie volontaire, mais aussi monceau de tristesse contenue. En bon connaisseur du milieu du cinéma, Harel en fait une actrice de base, confrontée à des problèmes récurrents et classiques d’auditions, d’argent, de références ou de différences culturelles.

Et cela donne tantôt de très belles scènes, où la gêne s’installe, comme avec le personnage du philosophe, tantôt de francs éclats de rires, comme avec le directeur de casting, qui demande à l’actrice de la jouer plus « mauve », ou comme dans les dialogues de sourds avec une agent qui semble ne pas se rendre compte que parfois, n’importe quel boulot ferait l’affaire. Philippe Harel fait dans le symbole de détail (toutes les candidates au casting sont vêtues de rouge pour signifier leur caractère stéréotypé), et réussit une belle peinture d’un milieu aussi accueillant que déroutant, donnant au passage à Judith Godrèche l’un de ses meilleurs rôles depuis longtemps.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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