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INTERVIEW

TU VAS RIRE MAIS JE TE QUITTE

Avant tout, nous avons voulu savoir pourquoi « Particules élémentaires » n’avait été qu’un projet. Philippe Harel nous confie que c’est le défaut de budget qui a empêché de continuer le film. Aucune chaîne française n’a voulu soutenir le film. José Garcia était en participation…

© Anne Laure Pothin

Avant tout, nous avons voulu savoir pourquoi « Particules élémentaires » n’avait été qu’un projet. Philippe Harel nous confie que c’est le défaut de budget qui a empêché de continuer le film. Aucune chaîne française n’a voulu soutenir le film. José Garcia était en participation et Houellebecq co-scénariste, mais cela n’a pas suffit. Si le film n’est pas désiré et difficile à placer, alors on arrête.

S’agissant de « Tu vas rire mais je te quitte », Philippe Harel nous dit que ce film n’a pas pour but d’être subversif, ni de faire un clin d’œil aux métiers d’acteur. Le film a été fait en s’amusant et avec l’envie de dresser un portrait d’un milieu qu’on connaît bien en tournant une comédie. Quand on lui a proposé le projet, P. Harel a dans un premier temps refusé, car il était perturbé par l’arrêt des « Particules élémentaires ». Mais il fallait passer à autre chose…

Pour dresser un portrait de ce milieu, toutes les étapes de fabrication d’un film sont évoquées et décortiquées, et c’est intéressant d’évoquer cette fabrication. Et si P. Harel devait le refaire, il insisterait encore sur le côté professionnel d’Elise.

Au cours de l’entretien, le passage du cocktail a été évoqué et l’hypocrisie avec laquelle les acteurs disent qu’ils ont adoré le film. Philippe Harel a bien sûr été confronté à cette situation. C’est alors compliqué de ne pas aimer un film et de le dire à un ami. Philippe Harel nous confie alors qu’il utilise des parades telles que : « C’est un film qui te ressemble » ou « on n’a pas vu le film » ou encore « c’est intéressant, oui oui… ».

Les personnages de « Tu vas rire mais je te quitte » sont pour certains des personnes que P. Harel connaît. Le rôle du photographe (Sagamore Stévenin) est à l’origine un vrai photographe mais P. Harel en a rajouté. Pour le personnage d’Elise (Judith Godrèche), c’est une comédienne qui pense être mauvaise et qui entretient ce statut inconsciemment. La scène du Théâtre pour le festival d’Avignon est la seule scène pour laquelle elle fait un essai qui est artistiquement bon et elle la refuse. Elle manque de rigueur.

P. Harel ne voulait pas une actrice plus proche du personnage, cela ne collait pas. Et finalement, il a aussi choisi Judith Godrèche pour ce qu’on lui reproche c’est à dire d’être une mauvaise actrice. Mais par contre, je voyais une actrice plus destroy qui boit et comme Judith ne boit pas, c’était parfois compliqué. Mais par contre, elle a du caractère. Lorsque l’on choisit un acteur, il faut le respecter tel qu’il est pour qu’une confiance s’installe. Et finalement, Judith a joué très juste comme lorsqu’elle dit à Alain Varrenne qu’elle est comédienne, P. Harel ne l’avait pas imaginé comme cela et c’était parfait.

S’agissant de son apparition dans le film, il voulait que le réalisateur soit plus présent et que ce ne soit pas lui. Mais cela trop compliqué à faire. Et puis finalement pour l’autodérision, son apparition passe mieux et ne risque pas de faire naître des conflits.

Pour le personnage d’Alain Varenne, P. Harel et son équipe ont imaginé le philosophe médiatique du moment. Elise sait qu’au bout d’un moment elle en fera ce qu’elle veut. Le passage de son livre cité par Elise a été écrit par P. Harel qui voulait que cela ait du sens mais sans sens de fond…

Pour interpréter les personnages qu’Elise joue dans le film comme lorsqu’elle joue dans une sitcom, chacun a amené sa pierre à l’édifice. P. Harel nous confie qu’il suffit de voir un extrait d’un sitcom pour s’imprégner du ton sur lequel c’est joué. Et puis, c’est évidemment un peu caricatural…

Anthony REVOIR Envoyer un message au rédacteur

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