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TRAVAUX

Un film de Brigitte Roüan

Une comédie décalé, et sans papier (peint)

Une avocate, spécialisée dans les questions d’immigration clandestine et de sans papiers, joue beaucoup sur la séduction pour obtenir les faveurs des juges. S’occupant d’un architecte colombien, elle accepte que celui-ci perce un escalier dans son appartement...

Avec Travaux, Brigitte Rouan signe une comédie décalé, passant de scènes musicales délurées à de graves questions sur les droits des immigrés avec une légèreté qui doit beaucoup à son interprète principale, Carole bouquet. Celle-ci, dans un rôle comique pince sans rire, se déride peu à peu, laissant tomber un masque de convenances et de bonne humeur, pour de francs coups de gueules venus du fon du cœur, et tout aussi sympathiques.

Le premier passage chanté peut surprendre, puisqu’il s’agit d’un ballet dans la salle du tribunal, où Carole Bouquet fait littéralement des ronds de jambes pour amadouer un juge, qui finit lui par ronronner de plaisir. Passé cet étonnement, on peut se laisser entraîner par cette joyeuse bande qui augmente en effectif au fil du film. D’un noyau familial réduit, on se retrouve à une femme célibataire entourée de squatters tous ouvriers du bâtiment. Et Brigitte Rouan en profite pour lancer quelques vérités sur l’exploitation et le travail au noir, ainsi que les situations d’illégalité qui entraînent des comportements extrêmes (mariage blanc, squat, absence d’assurance…).

Mais jamais son film ne quitte le registre de la comédie, prenant même un rythme de croisière impressionnant, sans jamais en départir. Au milieu de la bande de joyeux drilles, on trouve celui dont la présence non désirée entraîne la fameuse mise en travaux de l’appartement : Jean Pierre Castaldi. Sa caricature bonhomme du séducteur beauf est un vrai régal, de ses attentions ridicules, à ses surprises épatantes (ah la scène du lit !). Qui a déjà appelé son ami(e) « pupuce » risque de sentir la critique passer.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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