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TETRO

Dans l’ombre du père

Alors que le bateau dans lequel il travaille est amarré à Buenos Aires pour quelques jours, Benjamin décide de rendre visite à son frère, Angelo, qui a quitté la cellule familiale il y a plus de dix ans. A sa grande surprise, Angelo, qui se fait à présent appeler Tetro, est bien mystérieux sur sa famille et désire que son passé reste de l’histoire ancienne. Mais Benjamin veut comprendre la raison du départ de son frère, quitte à rouvrir certaines blessures…

Même s’il avait déçu de nombreux cinéphiles avec son « Homme sans âge », il faut bien admettre que Coppola n’a plus grand-chose à prouver, tant le cinéaste a réalisé de grand films qui firent date dans l’histoire du cinéma. Avec un scénario signé de sa propre main, il nous revient sur le thème du père, déjà exploré dans la trilogie du « Parrain » ou dans « Rusty James », pour ne citer que ces deux références.

« Tetro » reprend le bon vieux filon des retrouvailles après une longue séparation suite à un mystérieux drame familiale. Coppola distille les indices avec brio et l’on se retrouve vite happé par cette histoire de père despotique et envahissant. A fur et à mesure que les souvenirs de Tetro se recomposent, de nouvelles questions sont soulevées, pour finir par une terrassante révélation finale. Nul doute que les fans du cinéma d’Almodovar se régaleront de cette sombre histoire de famille, qui rappelle la patte du réalisateur espagnol.

Mis en scène dans un noir et blanc sublime, « Tetro » est un diamant noir. Coppola l’a sculpté avec une précision saisissante. Les plans fixes abondent et sont d’une rare beauté. Aux séquences de flashback filmées en couleurs ternies, se mêlent des plans oniriques représentant les sentiments de « Tetro ».

Malheureusement, cet esthétisme parfait relègue au second plan l’interprétation des acteurs pourtant irréprochables, et peine à emporter notre empathie à l’égard des protagonistes. Enfin, le final grand guignolesque des funérailles finit par ternir toute intensité construite deux heures durant.

Alexandre RomanazziEnvoyer un message au rédacteur

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