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LES SOUVENIRS

Un film de Jean-Paul Rouve

Une comédie dramatique plus drôle que dramatique

Romain arrive en retard à l’enterrement de son grand-père. C’est con, il s’est trompé de cimetière ! Embauché comme veilleur de nuit dans un petit hôtel parisien, il trouve du temps à consacrer à sa grand-mère en journée. Ça tombe bien, cette dernière vient d’être installée dans une maison de retraite et elle ne trouve pas tout à fait sa place au milieu de toutes ces personnes âgées…

Jean-Paul Rouve trouve en l’adaptation du roman Les Souvenirs de David Foenkinos une belle continuité avec son précédent long métrage "Quand je serai petit". Les amoureux de son deuxième film seront ravis du résultat de ce nouveau bébé de l’ex-Robin des Bois. Même thème du retour en arrière, de la vie qui passe, des regrets du passé et de la prise en main par les personnages de leur destin pour corriger les erreurs précédemment commises. Des sujets sérieux contrebalancés par les origines de Jean-Paul Rouve : la comédie ! Car le comédien-scénariste-réalisateur n’a pas oublié ses racines. Et à l’essence profonde du livre, il ajoute, dans un bel équilibre, des moments de comédie pure qui donnent au final une palette d’émotions variées, la vie en quelque sorte.

Car c’est le leitmotiv de Jean-Paul Rouve : « la vie », à travers une famille dont les membres sont chacun à leur manière dans un tournant. La grand-mère qui se retrouve veuve. Le père qui est un nouveau retraité et fait face à des choix devant lesquels il n’arrive pas à se décider. Le fils qui trouve un travail et cherche l’amour. La quête est également au cœur du film et de la vie de cette petite famille. Quête de son passé, de sa place dans la société ou la famille, voire quête de la grand-mère quand cette dernière disparaît du jour au lendemain ! Le film réunit ainsi trois générations confrontées aux aléas de la vie et qui tentent de prendre la leur en main, avec la jeunesse éclatante du fils, la maladresse du père, le dernier souffle de courage de la grand-mère…

Alors, certes, vous ne verrez pas le film du siècle, mais vous pourrez être charmé par l’ambiance douce amère du long-métrage qui aligne les scènes drôles et émouvantes comme on enfile des perles de couleurs différentes pour créer un collier bigarré. Bonne pioche pour Jean-Paul Rouve qui a accentué les ressorts comiques de l’histoire : le père qui trouve aisément ses places de parkings, le peintre période animale, le coloc en séducteur raté… Des scènes et des personnages drôles mais qui font parfois davantage gimmick, comme pour combler un vide scénaristique. On retrouve ce problème avec certains protagonistes qui ne trouvent pas leur place dans le film, les frères du père notamment qui auraient largement pu passer à la trappe lors de l’adaptation.

Le choix des comédiens pour les rôles principaux est intéressant, tous venant de la comédie (Rouve un ex-Robin des Bois, Blanc un ex-Splendid, Lauby une ex-Les Nuls) et tous incarnant des personnages avec une certaine gravité. Mais celle qui bluffe son monde, loin de sa Bonne du curé et de son Tata Yoyo, c’est Annie Cordy, actrice rare, parfaite en mamie nova, nouvelle Denise Grey quoi que plus en retenue, qui exprime tant à travers son regard vrai et juste. L’autre révélation, c’est le jeune Mathieu Spinosi, 24 ans, qui en impose autant que ses aînés, voire plus que certains (on ne donnera pas de nom, vous trouverez comme des grands en allant voir le film !), son naturel apportant beaucoup de fraîcheur au film. De quoi oublier certaines faiblesses et quelques fadaises, pas très méchantes mais qui n’élèvent pas le film au rang d’incontournable…

Mathieu PayanEnvoyer un message au rédacteur

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