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SIN CITY

La bande dessinée change de case pas d’esprit !

Dans la ville de Sin City les histoires se croisent, les êtres se déchirent et surtout les balles pleuvent et le sang coule. Une ambiance de polar, une ville de malfrats et des êtres dont le malheur est la seule compagne…

Cette adaptation des comics éponyme de Franck Miller est une pure merveille, une série de grandes réussites. La première, est que pour respecter l’ambiance et le découpage de cette œuvre, le réalisateur Robert Rodriguez a eu le courage de respecter case par case le travail de l’auteur d’origine, parvenant même par ce moyen à l’associer à la réalisation, car le story-board est la bande dessinée elle-même. La seconde, le travail sur les couleurs, accentue le rendement visuel, un peu comme les plans déformées dans le comic. Mais surtout, la plus grande réussite, est le casting de ce film, très hétéroclite, par lequel le réalisateur parvient à capter l’essence même de SIN CITY.

L’adaptation porte alors sur trois chapitres précis de l’œuvre de Franck Miller, et c’est avec virtuosité et montage imbriqué, que Rodriguez parvient à restituer à l’écran l’esprit de la ville du péché, en français dans le texte. Le design du film est difficilement explicable mais à certains moments, vu la photographie et le cadrage, on a simplement l’impression de voir une case de la bande dessinée, avec ses diagonales et ses perspectives. Le scénario est dit « à tiroirs », avec une histoire à sketch où des éléments apparaissant en commun progressivement et un montage à la Tarantino, c'est-à-dire étalé sur le long du film. Ce dernier a d’ailleurs participé à la réalisation, au cours d’une séquence particulière.

D’autre part les acteurs, parfaitement en adéquation avec le style du film, font ressortir la noirceur de l’œuvre originale, par un jeu typique du cinéma noir américain des années 40. Des gueules cassés, des femmes forcément fatales, et une ambiance délétère, font déjà de ce film une réussite totale. A ceci, on ajoute un style totalement maîtrisé et un design unique, et on obtient peut-être le film le plus stylé de l’année, en tout cas un des meilleurs polars de la décennie et surtout le meilleur film de Robert Rodriguez.

Guillaume BannierEnvoyer un message au rédacteur

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