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SHERLOCK HOLMES 2 : JEU D'OMBRES

Un film de Guy Ritchie

Le choix de l'humour

Alors que de mystérieux attentats ont lieu, Holmes tente d'intercepter un colis, aux mains de la belle Irène. Après avoir combattu quelques sbires chargés de la protéger, il évite de justesse un nouvel attentat. Mais il n'évite pas cependant que celle-ci soit tuée...

Sans avoir été particulièrement fan du premier opus, me voici plutôt convaincu par le second. Même s'il a des défauts, liés principalement au maniérisme de la mise en scène de Guy Ritchie (« Snatch ») ce « Sherlock Holmes 2 » séduit par son humour et la répartie de ses personnages. Le réalisateur anglais, ex-mari de la Madonne, y démultiplie les principes narratifs expérimentés dans le un. Ainsi, le principe de vision anticipée, doublée d'une réflexion descriptive en voix-off, des combats physiques que doit mener Holmes, apparaît facilement trois à quatre fois durant le métrage. Et si l'auteur tente des variations, elles ne sortent pas le spectateur d'une impression de redite, même lors de l'affrontement final avec le professeur Moriarty, deux « visions » subjectives du même combat nous étant successivement montrées (et arrivant à la même ironique conclusion).

Là où le bât blesse vraiment, c'est lors de la poursuite dans la forêt, lorsque Gitans et anglais se retrouvent poursuivis et mitraillés, alors qu'ils cherchent à rejoindre un train. Timing irréaliste, volonté simpliste de faire de belles images, Guy Ritchie s'égare ponctuellement, usant de ralentis et accélérés, pour mieux suggérer la vitesse de cette course effrénée. Il fait du beau inutile avec des balles qui transpercent au ralenti des troncs d'arbres ou des hanches. Il redonne un coup d'accélérateur pour souligner le chaos ambiant. En découle une scène d'un esthétisme trop appuyé, qui s'avère au final irréaliste et peu lisible.

Mais le spectateur ne sera pas en reste côté action, le scénario maintenant un rythme trépidant, et menant nos héros aux quatre coins d'une Europe aussi sombre et froide qu'industrielle. Mais l'atout de « Jeu d'ombres » reste son humour, omniprésent, qui fonctionne à merveille dans les salles. Clairement teinté gay (les doutes jetés sur la relation entre Holmes et Watson dans le premier épisode avaient bien fonctionné), les scénaristes en remettent ici une couche, pas très digeste au début (la promiscuité graveleuse lors du combat dans le train). Mais ils assument cette fois-ci le côté potiche de la toute récente femme de Watson (Kelly Reilly, toujours sous-employée), malmenée par un Holmes qui s'incruste à leur voyage de noce. Et la plupart des réparties sont plutôt bien senties.

L'ensemble du casting semble prendre un malin plaisir à s'inscrire dans l'ambiance névrotique du récit, même les nouveaux venus, Noomi Rapace (« Millenium ») en gitane combative et Stephen Fry, en frère excentrique de Holmes. Enfin les amateurs de pur divertissement - car il ne s'agit ici pas d'autre chose Ritchie ayant choisi son camp (différent d'un Nolan avec Batman) dès le numéro un - , retrouveront ici un Holmes allégé quelque peu du côté de ses démons (c'est assurément ce que certains reprocheront au film), mais toujours porté sur l'alcool et autres stupéfiant, qui montrera ici un don hilarant pour un certain type de déguisement, carrément plus que discret. On vous laisse les découvrir.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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