Banniere_CANNES-2019

SHAZAM !

Un film DC comics marvélisé

Billy Batson, 14 ans, navigue de famille d’accueil en famille d’accueil. Un jour, alors qu’il est dans le métro, ce dernier s’arrête à l’entrée d’une grotte. Là, un vieux sorcier lui demande d’être son champion afin de de protéger la Terre contre les 7 péchés capitaux. Après avoir prononcé le mot Shazam, Billy se transforme en super-héros quasi invincible. Mais appréhender ses nouveaux pouvoirs ne va pas être de tout repos et il devra bientôt faire face au Dr Thaddeus Sivana…

Shazam film image

DC Comics commence donc l'année en lançant le super-héro Shazam. C'est en prononçant le mot Shazam que le jeune Billy Baston se transforme en un éclair (sans jeu de mots) en un super-héros. L’un des principaux atouts du scénario est de jouer sur la différence entre le raisonnement du héros (celui d’un jeune garçon de 14 ans) et les pouvoirs liés à son corps (celui d’un super-héros dans la pleine force de l’âge). Un super-héros dont la seule faiblesse semble être ses failles intérieures, c'est à dire l'esprit d'un enfant de 14 ans. On pourra ainsi percevoir "Shazam !" comme une version super-héros de "Big", avec Tom Hanks.

Comme toute origin story qui se respecte, le scénario va suivre le déroulé commun à bon nombre de films de super-héros (la naissance du méchant, l'apprentissage, les doutes, le combat final). Le scénario va surtout développer ici la thématique de la famille, en tant que force et soutien, mais également vecteur de rejet, que la famille soit biologique ou adoptive. Mais notons cependant que les différents membres de la famille adoptive de Billy sont trop inégalement développés par le scénario.

Le long-métrage décide d'adopter un ton résolument comique, porté par le duo formé par Zachary Levy et Jack Dylan Grazer, respectivement Shazam et le frère adoptif de Billy : Freddy. Un duo qui se révèle complémentaire, l’un ayant des super-pouvoirs mais ne sachant pas s’en servir et les utiliser à bon escient, l’autre étant handicapé et connaissant l’univers des super-héros par coeur. Cette touche humoristique trouve son paroxysme dans toute la phase d'apprentissage des pouvoirs du héros et dans quelques autres gags (dont un plutôt réussi, lors du combat final). Le long-métrage ne se prive pas non plus pour aligner quelques références aux autres super-héros de la firme DC Comics. Au final, on a la sensation que la formule de Marvel semble avoir imprégnée le film (ce qui était cela dit déjà le cas pour "Aquaman").

En revanche, on peut regretter que le scénario se contente d'aligner à la chaîne des mini saynètes sur l'apprentissage des pouvoirs, tout en présentant un air de déjà-vu avec cette formule d'humour-action et des péripéties convenues. De plus, le réalisateur oublie d'avoir une vraie puissance graphique dans les scènes d'actions. Ainsi les scènes de combats, dont celle finale, sont le véritable point noir du long-métrage. Elles demeurent trop banales, déçoivent, et ne cessent de jouer sur la découverte des pouvoirs. Et côté casting, la composition de Mark Strong dans la peau du méchant n'est pas assez efficace pour qu'on s'en souvienne. Au final, "Shazam !", s’il ne révolutionne pas les films de super-héros et tend vers une sorte de copier-coller de la formule Marvel, demeure malgré tout un sympathique divertissement. En revanche, si le contrat est rempli côté humour, au niveau de l’action, on est beaucoup moins enjoué.

Ray LamajEnvoyer un message au rédacteur

BANDE ANNONCE

Laisser un commentaire