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SERGIO

Un film de Greg Barker

Un hommage complètement raté !

Après des missions à succès au Kosovo et au Timor oriental, le diplomate de l’ONU Sérgio Vieira est envoyé en Irak pour essayer de recréer le dialogue entre la population locale et les forces américaines présentes sur place…

Sortie le 17 avril 2020 sur Netflix

S’il est souvent fait le reproche à certains réalisateurs de biopics de ne pas suffisamment maîtriser leur sujet, ce grief ne pourra être porté contre Greg Barker. Car avant de mettre en scène cette fiction sur le diplomate Sérgio Vieira de Mello, pour Netflix, le cinéaste avait déjà produit un documentaire sur ce haut fonctionnaire en 2009 (également intitulé "Sergio"), récompensé notamment à Sundance. Malheureusement, sa connaissance fine de la vie de l’ancien Haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme ne l’empêche pas de tomber dans tous les écueils possibles, transformant son film en un vulgaire mélodrame poussiéreux et sans âme.

Dès les premières secondes, la tragédie explose à l’écran : un attentant a lieu au quartier général de l’ONU en Irak. Sérgio Vieira, envoyé là-bas quelques mois auparavant, se retrouve enseveli sous les décombres, agonisant, puis le métrage alternera les flashbacks mielleux et les séquences de mauvais goût. Celui que beaucoup voyaient comme un futur Secrétaire général de l’ONU avait connu dans sa carrière presque uniquement des succès, qu’il s’agisse de sa mission au Kosovo, ou celle au Timor oriental, pays qu’il a accompagné dans son processus d’indépendance. Alors que les Américains ne cessent de souffler sur les braises ardentes d’un terrorisme grandissant, il est donc logiquement délégué sur place afin d’essayer de renouer un dialogue devenu inexistant entre les autorités locales et les forces états-uniennes.

De ces enjeux passionnants, le film n’en retire que des parenthèses superficielles, la caméra préférant se focaliser sur une romance omnipotente entre le négociateur et une conseillère économique argentine. Si Greg Barker a eu la bonne idée de confier ses rôles principaux aux talentueux Wagner Moura, le Pablo Escobar de "Narcos", et Ana de Armas, nouvelle coqueluche du cinéma mondial ("Blade Runner 2049", "À couteaux tirés", le prochain James Bond…), leur performance n’empêche pas le naufrage. Ceux qui rêvaient d’une fresque géopolitique risquent d’être fortement déçus face à ce drame sirupeux et sans aspérité. Aucun doute, le meilleur hommage de Greg Barker à Sérgio Vieira remonte à 2009 !

Christophe BrangéEnvoyer un message au rédacteur

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