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SANS LAISSER DE TRACES

Un film de Grégoire Vigneron

Sans laisser de traces : comme son titre l’indique !

Étienne a bientôt la quarantaine et il stresse un peu à l’idée de devenir le prochain nouveau patron de l’important groupe industriel où il a rapidement gravi les échelons. C’est qu’il s’en veut beaucoup Étienne. Il a un lourd secret sur la conscience qui le ronge depuis de nombreuses années. Ce mal est apparu le jour où il a volé la formule chimique d’un produit star de son entreprise à un scientifique idiot qui la lui a envoyée par La Poste (« et la confiance grandit ! »)…

Un titre pareil, on appelle ça un spoiler ! C'est-à-dire qu’il vous révèle tout du film : un nanar qui ne laissera aucune trace dans l’histoire du cinéma. N'y allons pas par quatre chemins : ce film est une vaste fumisterie. Fuir est peut-être la solution ou bien aller voir autre chose, car on est pratiquement sûr qu’il n’y a pas pire en ce moment !

Après avoir écrit des scénarios de comédies plutôt réussies (« Mensonges et trahisons... », « Prête-moi ta main », « Le Petit Nicolas »), voilà que Grégoire Vigneron et Laurent Tirard tournent la page et se mettent au thriller. Le moins que l’on puisse dire c’est que ça ne leur réussit pas. Les amis de toujours du cinéma français se fourvoient avec une histoire tarabiscotée qu’on dirait accouchée sur une feuille de papier toilette. Ce qui lui va finalement très bien, le film ne méritant pas mieux que de finir au fond d'une cuvette.

Pendant 3 h 45 (ah on me signale que le film ne dure que 1 h 35 !), on se moque du spectateur en voulant lui ficher la trouille avec des scènes dignes d’une mauvaise série B, on voit les pires scènes d’action qui arrivent à peu près à la hauteur des meilleures cascades de l’inspecteur Derrick et on donne dans une surenchère de rebondissements pour mieux assommer le spectateur qui n’en peut déjà plus de rire des débilités de l’histoire. A noter les hilarantes apparitions de l’inspecteur de police et de la fille du défunt scientifique tous droit sortis de la série parodique canadienne « Le Cœur a ses raisons ».

Bref, ce nanar est tellement raté qu’il est obligé de truquer sa bande-annonce pour faire croire à un sulfureux thriller et de montrer une incroyable cascade sur son affiche, tellement incroyable qu’on se demande bien à quel moment du film elle apparaît (ah on me signale que je suis mauvaise langue et qu’elle a certainement été coupée au montage !) Des arguments supplémentaires qui corroborent mon jugement : « Sans laisser de traces » sera certainement la plus grosse escroquerie du cinéma de cette année. Qui a dit de la décennie ?!

Mathieu PayanEnvoyer un message au rédacteur

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