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RUN HIDE FIGHT

Un film de Kyle Rankin

Die Hard at High School

Zoe Hull, une lycéenne de 17 ans qui vient de perdre sa mère, se retrouve être la seule à pouvoir sauver ses camarades pris au piège lors d’une prise d’otage dans son lycée…

Run Hide Fight film

Parmi les rares productions américaines présentent à Venise lors de l’édition 2020 se trouve un petit film de genre signé Kyle Rankin, metteur en scène quasi inconnu au bataillon. Le film suit l’histoire de Zoe Hull, une lycéenne de 17 ans, pas très populaire dans cet établissement de sa petite ville et en proie à une colère intérieure profonde depuis le décès de sa mère d’un cancer. Les choses se bousculent lorsqu’une attaque est perpétrée dans son lycée par un groupe d’autres lycéens menés par Tristan, ce qui va mener Zoe à prendre des décisions afin de sauver le plus de monde possible.

Comme on le comprend assez vite, le scénario du film reprend la structure du célèbre "Die Hard" de John McTiernan, film culte des années 80 qui a révolutionné le genre en bien des points. Kyle Rankin, également derrière la plume en plus d’être derrière la caméra, nous offre donc un film de genre bien calibré et bien pensé, qui se laisse assez agréablement regarder, malgré un scénario un peu trop académique, surtout dans sa structure, plutôt prévisible, les paiements se voyant arrivé dès leur set up, et particulièrement américain dans sa morale. Reste que, si le scénario reprend la structure de "Die Hard", Rankin l’a bien comprise et l’adapte au propos de ce film, se démarquant donc de la plupart des pâles copies qu’on a pu voir dans les années 90.

En effet, le part d’originalité apportée par Kyle Rankin est de transposer cette structure de film d’action typique à la thématique principale de son film qui est celle du deuil, et ce jusqu’au titre même, "Run, Hide, Fight", qui en plus de constituer la structure du film, correspond en fait aux différentes étapes du deuil, le « Run » étant assimilé à la phase de déni, le « Hide » à la phase de dépression et de repli sur soi, et enfin le « Fight » à la phase d’acceptation et la remontée de la pente.

Tout cela est exprimé par une mise en image efficace de l’action, qui ne perd jamais et ne lâche jamais le spectateur, avec même quelques idées de mise en scène plutôt intéressantes comme l’utilisation des réseaux sociaux évidemment, point essentiel du script par ailleurs. Mais on retiendra également surtout le dernier plan sur la mère de Zoe (vers la fin du film), particulièrement lourd de sens dans sa photographie et intense pour le spectateur.

Concernant la prestation des acteurs, en dehors du personnage de Tristan qui pourra peut-être en déstabiliser certains, le caractère du personnage appelant à un cabotinage dans le jeu de son interprète, tous livrent une prestation d’une grande justesse.
Mais le film possède tout de même un gros point noir : le mixage son. Ce dernier apparaît de très mauvaise facture, les volumes sonores des effets et des dialogues étant beaucoup trop proches les uns des autres, empêchant une bonne compréhension de ces derniers, et les sons aigus sont beaucoup trop hauts également, menant plus d’une fois à une saturation du son particulièrement désagréable à l’oreille.
"Run, Hide, Fight" se révèle malgré tout être un bon film de genre, agréable à regarder (mais beaucoup moins à écouter) et disposant d’un propos intéressant, malgré une structure narrative très académique et américaine.

Ray LamajEnvoyer un message au rédacteur

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