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LE RETOUR DU HÉROS

Un film de Laurent Tirard

Des dialogues piquants et un duo de comédiens en grande forme pour oublier les débuts poussifs

Le capitaine Neuville a à peine eu le temps de demander sa main à la jeune Pauline qu’il doit partir à la guerre. Ne donnant pas de nouvelles, la sœur de la promise décide de rédiger des lettres à la place du beau militaire, faisant de lui un véritable héros, jusqu’à le tuer dans une dernière missive. Mais tout va se compliquer lorsque celui-ci revient après plusieurs années d’absence…

Après "Un homme à la hauteur" dont le titre ne promettait pas la même qualification à l’œuvre, Laurent Tirard revient avec un film généreux, un vaudeville abracadabrantesque qui n’oublie pas de faire souffler cet esprit de distraction familiale cher au réalisateur. Dans son habit de la Garde Napoléonienne, le capitaine Neuville a fière allure. Pas étonnant que la jeune Pauline succombe immédiatement à ses charmes lorsque celui-ci vient lui demander sa main. Mais l’appel de la guerre brise l’idylle naissante, et malgré ses promesses, l’étalon ne donne pas de nouvelles. Face au désespoir de sa sœur, Elisabeth décide d’écrire des lettres en se faisant passer pour le militaire. Pas avare en anecdotes rocambolesques et en actes de bravoure, elle fait de lui un véritable héros jusqu’à le tuer dans une dernière missive. Alors, après plusieurs années d’absence, lorsqu’elle le voit revenir en hirsute aux manières peu élégantes, forcément la situation dégénère quelque peu.

Si les premières minutes sont hésitantes, le cinéaste ne parvenant pas à trouver son rythme de croisière dans un récit qui peine à s’installer, les séquences suivantes seront beaucoup plus réjouissantes. Car dès que les enjeux comiques sont posés, et la confrontation entre les personnages de Jean Dujardin et Mélanie Laurent amorcée, le métrage enchaîne les vannes et les bons mots aiguisés pour le plus grand plaisir du spectateur. Renouant avec un rôle proche d’OSS 117, l’ancien Loulou du petit écran prouve qu’il excelle définitivement dès lors qu’il prête ses traits à un « beauf beau », ce genre de protagoniste aussi attachant qu’exubérant, dont les excès et les pitreries sont le principal vecteur humoristique. S’amusant avec l’héritage de cinéma d’aventure, façon Philippe de Broca, "Le Retour du héros" s’avère être une bonne surprise dont la banale facture des premiers instants est vite balayée au profit d’une guerre des sexes savoureuse et piquante.

Christophe BrangéEnvoyer un message au rédacteur

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