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PÉRICLÈS LE NOIR

Un film de Stefano Mordini

Un polar surprenant qui rentre trop rapidement dans le rang

Périclès est un homme de main de Don Luigi, mafieux de Liège qui gère toute la drogue et la prostitution de la ville. Pendant une mission, il va tuer par erreur une femme appartenant à un autre clan. Il part alors se réfugier en France. Mais rapidement, son propre clan va chercher à l’abattre…

Le film s’ouvre sur une voix-off qui, au milieu de sa phrase, lance : « je m’appelle Périclès Scalzone, et mon métier est de sodomiser les gens ». Forcément, cela intrigue… Périclès est en réalité l’un des hommes de main du parrain napolitain Don Luigi. Celui-ci règne sur la ville de Liège grâce au trafic de drogue et à la prostitution, argent qu’il blanchit ensuite à travers ses nombreuses pizzerias. Dès que quelqu’un oserait manquer de respect à Luigino Pizza comme on le surnomme, Périclès intervient, l’assomme avec un sac rempli de petits clous, et le force à une relation anale. Entre deux règlements de compte, l’homme joue également dans des pornos et prend beaucoup de drogues. Une vie qui le satisfaisait pleinement. Jusqu’au jour où il tue par erreur une femme appartenant au clan ennemi, obligeant sa propre famille à se retourner contre lui.

Si les premières minutes bénéficiaient indéniablement d’un ton original et d’un humour décalé, le reste du métrage rentre malheureusement trop rapidement dans des sentiers plus banalisés. Car dès que sa fuite commence, le polar suit alors la trame classique du film de mafieux, avec une chasse à l’homme au goût de déjà-vu très prononcé. Les rebondissements sont alors trop appuyés, tout devient surjoué, une dramatisation excessive faisant totalement oublier les notes comiques qui parsèment le scénario. Malgré ces ficelles peu subtiles, le polar demeure agréable en grande partie grâce aux deux comédiens principaux, Riccardo Scamarcio et Marina Foïs. La rencontre avec celle-ci, boulangère française et mère célibataire, offre d’ailleurs la respiration nécessaire entre toutes les saynètes viriles. Sans être un bon film, mais loin d’être un mauvais,

Christophe BrangéEnvoyer un message au rédacteur

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