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PASSION SIMPLE

Un film de Danielle Arbid

Une passion sans flamme

Une femme parle de l’attente vis à vis d’un homme. Elle aborde l’effacement de sa personnalité, et son incapacité à réorganiser sa vie comme avant la rencontre. Au premier coup de fil, simple, minimal, elle se fait belle et l’accueille…

Passion Simple film movie

"Passion Simple" de Danielle Arbid ("Peur de Rien", "Un Homme perdu") est adapté du roman éponyme d’Annie Ernaux (1991), dans lequel une femme tombait amoureuse d'un Russe, qui trouve ici une voix dont il était privé par le point de vue du livre. La réalisatrice avoue d’ailleurs qu'elle voyait le roman comme un état des lieux « précis et merveilleux de la passion amoureuse », qui en décrivait les « syndromes ». Malheureusement, s'il y a bien quelque chose qui est absent du film, c'est bien la passion, l'extase de cette femme, dépeinte comme désespérément vide, certes dans l'attente et l'embellissement de cet homme, mais dont les retrouvailles ponctuelles et sensorielles avec celui-ci, résonnent comme des scènes érotiques d'une effrayante froideur.

Proprement interminables et désincarnées, celles-ci font l'effet d'un repoussoir, concentrant le spectateur sur les détails irrationnels du désir amoureux, depuis des rêveries béates en faisant des courses, jusqu'au besoin de connaître ce qui n'est pas accessible de l'autre (apprendre sa langue, connaître ses lieux appréciés...). Si les symptômes, comme l'involontaire mise en état de soumission, apparaissent bien, la magie des moments ensemble ne s'incarne jamais, rendant les tergiversations de l'héroïne proprement agaçantes dans la seconde partie du film. Reste heureusement la prestation de Laetitia Dosch ("Jeune femme") à nouveau parfaite lorsqu'il s'agit d'incarner une certaine forme de tourment.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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